Ligue contre le Cancer
Comité de l'Ain

 

56 Rue Bourgmayer
Bourg en Bresse 01

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En 2010, le Comité de l'Ain de la Ligue a donné
221.500 euros
pour financer les Travaux de Recherche
 

  • Aides versées au Centre LEON BERARD:
Laurent BARTHOLIN
Prix "Jeune Chercheur" 2010 et 2011

Etude du facteur de croissance  TGFβ dans le cancer du pancréas

Le cancer du pancréas est une tumeur extrêmement agressive qui représente la cinquième cause de mortalité par cancer.
Ce mauvais pronostic résulte d’un diagnostic tardif et d’un manque d’efficacité des thérapeutiques actuelles (chimiothérapie, radiothérapie et chirurgie).
Il est donc crucial de mieux comprendre le développement des tumeurs du pancréas afin de pouvoir identifier, dans les années à venir, des marqueurs précoces de la maladie et proposer de nouvelles approches thérapeutiques.

Dans ce contexte, notre équipe s’intéresse à un facteur de croissance appelé TGFβ (Transforming Growth Factor Beta), dont les fonctions sont altérées dans les cancers pancréatiques. A l’origine, le TGFβ est une protéine sécrétée par l’organisme, qui joue un rôle très important tout au long de la vie, de l'embryon jusque chez l'adulte. Par exemple, le TGFβ est impliqué au niveau de l’inflammation, la cicatrisation, la multiplication et la fonction des cellules.

Le TGFβ exerce également une action de toute première importance en empêchant la multiplication des cellules. Tous ces effets sont donc bénéfiques pour l’organisme, en empêchant notamment la transformation de cellules saines  en cellules tumorales. Dans le cancer du pancréas (comme dans la majorité des cancers), le TGFβ perd ses effets protecteurs et acquiert même des propriétés oncogéniques, c’est-à-dire qui favorisent le développement du cancer. En effet, dans les cancers, le TGFβ inactive le système immunitaire, stimule la migration des cellules cancéreuses ou encore active la formation des vaisseaux sanguins qui « nourrissent » la tumeur.

Nos travaux visent à comprendre comment le TGFβ peut jouer ce « double rôle » pour éventuellement proposer de nouveaux traitements anti-cancéreux ciblant les effets néfastes du TGFβ tout en préservant ou restaurant ses effets protecteurs.

 

 

Stéphanie COURTOIS-COX
Projet : Processus de transition épithélio-mésenchymateuse et transformation maligne dans le cancer du sein.
Equipe : Echappement tumoral et plasticité cellulaire (co-direction A. Puisieux/S. Ansieau).
Institut : CRCL (Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon)/Centre Léon Bérard.

L’objectif principal du groupe co-dirigé par Alain Puisieux et Stéphane Ansieau est de comprendre quels pourraient être les acteurs ou les conditions qui participent et favorisent la transition de cellules normales en cellules cancéreuses, et ainsi développer de nouvelles stratégies pour bloquer ou reverser ce phénomène. Plus précisément, la thématique de recherche développée au sein du groupe est axée sur l’étude du rôle joué par des protéines embryonnaires au cours du processus tumoral mammaire. Ces protéines jouent un rôle majeur au cours du développement embryonnaire. Ils permettent aux cellules de changer de forme en réalisant une transition appelée EMT (transition épithélio-mésenchymateuse). A l’issue de ce processus, les cellules perdent leur capacité à former des interactions cellule-cellule, s’individualisent (s’isolent) et acquièrent un certain nombre de propriétés qui leur permettent de migrer et envahir le tissu adjacent. Au cours du développement, ce processus normal permet aux cellules de migrer et de s’organiser pour former les organes de l’embryon. De façon étonnante, il a été observé que des cellules cancéreuses humaines expriment à nouveau ces protéines embryonnaires ce qui leur confère des propriétés de migration nécessaires pour initier le processus métastatique (envahissement d’un autre organe par des cellules cancéreuses). Le processus d’EMT a longtemps été associé à la migration et par conséquent à un évènement tardif dans le développement tumoral, mais les récentes observations du laboratoire ont permis de remettre en question ce concept et de proposer un nouveau modèle de travail. Une étude réalisée sur l’expression des protéines embryonnaires twist1 et twist2 dans des cellules épithéliales mammaires a permis de démontrer la dualité fonctionnelle de ces protéines, car leur expression permet d’induire de façon concomitante une EMT (changement de forme), mais aussi de bloquer les mécanismes de sauvegarde, ou « freins de sécurité » de la cellule. Au-delà de leur implication dans les phases tardives de la tumorigénèse, l’expression des protéines embryonnaires pourrait participer à des phases très précoces dans la progression tumorale, et certaines propriétés métastatiques pourraient ainsi être acquises bien plus tôt qu’on ne le pensait auparavant.

Le projet soutenu par le Comité de l’Ain de la Ligue Contre le Cancer a pour objectif de répondre à deux questions :

1)       Est-ce que les protéines embryonnaires coopèrent entre elles au cours du processus de transformation maligne mammaire ?
2)       Existe-il des associations spécifiques entre des protéines embryonnaires et des altérations (ou mutations) fréquemment observées dans les tumeurs du sein.  

L’objectif à terme est d’examiner la possibilité d’addiction conjointe (ou de dépendance) d’une cellule cancéreuse à une altération (ou mutation) et une protéine embryonnaire donnée. Comme mentionné plus haut, l’EMT joue un rôle majeur à différents niveaux de la progression tumorale, à savoir l’initiation de la transformation, le développement de la tumeur primaire et la dissémination métastatique. L’inhibition de ces protéines embryonnaires présente un intérêt majeur car ils ouvrent des perspectives thérapeutiques nouvelles pour cibler simultanément les cellules transformées et les métastases.

       

 
Ligue Cancer Ain Blay

Professeur Jean Yves BLAY:
Facteurs prédictifs et mécanismes moléculaires de l'activité anti tumorale de -2-Imatinib pour le traitement des fibromatoses agressives
30 000 euros
Depuis plus de quinze ans, le professeur Jean-Yves Blay s’intéresse de près à la dimension immunologique des cancers et étudie en particulier les rapports entre le micro-environnement tumoral et les cellules malignes. Il poursuit aujourd’hui ses activités de recherche dans le domaine de l’angiogenèse, en parallèle à une activité clinique de cancérologue.
Bibliographie

 

Docteur Véronique MAGUER-SATTA
Cellules souches mammaires et cancer du sein : Implication dans la chimiorésistance et la rechute.
115 381 euros (conjointement avec le Pf Emmanuel DELAY
Les cellules souches sont des cellules capables d’assurer la régénération des différents tissus de l’organisme tout au long de la vie d’un individu.
Ces cellules sont rares et naturellement localisées dans un environnement particulier (parfois appelé « niches ») où elles interagissent avec les cellules environnantes.
Ces interactions contrôlent le processus de fabrication des cellules matures et maintiennent au repos les cellules souches permettant ainsi de disposer à tout moment d’un pool de cellules souches qui pourront être mobilisées pour se différencier en fonctions des besoins de l’organisme.
Dans différents types de cancers, comme le cancer du sein, il existe une population cellulaire à l’origine des mécanismes de rechute de la maladie plusieurs années après la fin des traitements initiaux, caractérisée par des propriétés de cellules souches et une chimiorésistance unique dont le mécanisme est inconnu. L’existence démontrée (cancer cérébral, leucémies, cancer du sein …) de cellules souches cancéreuses prédit que si l’éradication des cellules cancéreuses “ banales ” induit une rémission, seule la destruction des cellules souches cancéreuses conduirait à une guérison.
En effet, de façon naturelle ces cellules présentent une résistance accrue aux drogues conventionnelles.
Dès 1988 l’existence d’une cellule souche dans la glande mammaire adulte a été soupçonnée par la découverte de la reconstitution d’une glande mammaire fonctionnelle chez un animal receveur à partir d’un fragment de tissu d’un donneur.
Plus récemment (2003) des cellules souches cancéreuses ont été identifiées qui pourraient être à l’origine de tumeurs mammaires. C’est en 2006 que la preuve formelle de l'existence d'une cellule souche mammaire a été apportée chez la souris puis chez l'homme.
 
Notre projet consiste, à modifier l’expression de gènes impliqués dans l’initiation du cancer dans des cellules souches mammaires humaines normales que nous avons identifiées et isolées et d’en évaluer les conséquences à la fois sur le comportement des cellules souches et sur leur relation avec leur environnement. Nous analyserons ainsi le rôle de ces cellules souches mammaires cancéreuses dans l’émergence et le maintien de cellules résistantes. Pour cela au cours des deux premières années de ce projet nous avons développé les outils et techniques nécessaires à cette étude. Nous allons maintenant transformer les cellules que nous avons caractérisées et étudier leur réponse à différents traitements. Nous établirons un profil comparatif entre les cellules transformés ou non (résistantes ou non) et identifier potentiellement de nouveaux facteurs prédictifs de la réponse d’un patient aux traitements.

Enjeux : Les résultats obtenus permettront d’établir un profil comparatif entre les échantillons normaux ou transformés (résistants ou non) et d’identifier potentiellement de nouveaux facteurs prédictifs de la réponse des patients aux traitements. De façon plus globale, cette approche permettra de développer un/des modèle(s) pour étudier le mécanisme par lequel se constitue un réservoir de cellules souches cancéreuses à l'origine de la chimiorésistance et de la rechute dans des cancers épithéliaux. En particulier, ces nouveaux modèles permettraient de tester de nouvelles approches pour cibler spécifiquement l’éradication des cellules souches chimiorésistances localisées dans leur environnement et permettre ainsi de développer une stratégie thérapeutique spécifique de la cellule souche tumorale.

Madame Vérionique MAGUER-SATTA est chercheur au CNRS et à l'INSERM, attachée au Centre Léon Bérard.

 

Ligue cancer Ain Delay Professeur Emmanuel DELAY:
Cellules souches mammaires et cancer du sein…
115 381 euros (conjointement avec le Dr MAGUER-SATTA)
Le Docteur Emmanuel DELAY a été formé en France (Ancien Interne des Hôpitaux de Lyon, ancien Chef de Clinique Assistant des Hôpitaux de Lyon) , à Bruxelles ( service Pr M LEJOUR), et aux ETATS UNIS, notamment à l’Emory University d’Atlanta ( Pr J. BOSTWICK, Pr F NAHAI ).

Chirurgien spécialiste en Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique, il est membre de la Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique, et de la Société Américaine de Chirurgie Plastique ( Américan Society of Plastic Surgeons).

Auteur d’une centaine de publications scientifiques, articles scientifiques, livres ou chapitres de livres, et co-auteur du rapport de la Société Française consacré aux prothèses mammaires, il donne régulièrement des conférences dans les congrès nationaux et internationaux ( 400 communications nationales et internationales).

Le Docteur Emmanuel DELAY partage son activité entre la Chirurgie reconstructrice hospitalière (Centre Léon Bérard, Lyon), l’enseignement (Université Lyon I) et la recherche (Unité groupe de recherche sur les cellules souches, affilié à l'U590); et son activité libérale, plutôt dédiée à la Chirurgie Plastique et Esthétique.
Article reconstruction sein/cancer

 


Ligue Cancer Ain Ray Coquard

Docteur Isabelle RAY COQUARD:
Prise en charge des cancers oto-rhino-laryngologiques: impact de l'activation d'un référentiel et délai de transfert des conclusions d'un essai thérapeutique de chimiothérapie.
43 500 euros

 
Projet "Cancers et adolescence"
5 000 euros
- Docteur en médecine spécialité oncologie médicale 1996
- Docteur en Science 2003

Pôles d’intérêts médicaux :
- Cancers gynécologiques (ovaire, endomètre, tumeurs rares)
- Cancer du sein
- Sarcomes
- Facteurs déterminants les pratiques médicales et évaluation des pratiques médicales
Bibliographie


 

Ligue Cancer Ain Wattel Professeur Eric WATTEL:
"Cible thérapeutique des cancers: régulateurs moléculaires du promoteur de la télomérase humaines impliqués dans la transformation maligne. Mesures quantitatives de l'expression de 120 gènes candidats pour le ciblage thérapeutique des leucémies"
25 000 euros
Médecin des Hospices Civils de LYON
Service d'Hématologie Hôpital Édouard Herriot
Unité d'Oncogenèse Virale au Centre Léon Bérard
Bibliographie

 

Ligue Cancer Ain Puisieux Professeur Alain PUISIEUX:
"Caractérisation moléculaire des cancers du sein et neuroblastomes"
50 000 euros
 
Financement Complémentaire (stagiaire Clémence THOMAS)
20 000 euros
 
Solde "MUTA CANCER" = 6.090,18 €
6 090 euros

Projet Mutacancer : A la recherche de nouveaux gènes du cancer.

Les cancers sont des pathologies caractérisées par le développement et la multiplication anarchique de cellules anormales au sein d’un tissu ou d’un organe. Au cours de ces 20 dernières années, des progrès considérables ont été réalisés permettant de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la genèse d’une tumeur. Il s’agit d’un processus complexe qui repose essentiellement sur une accumulation progressive d’anomalies affectant l’ADN, molécule constituante de notre patrimoine génétique (« génome »). Certaines de ces anomalies, ou mutations génétiques, vont altérer des gènes dont les produits sont impliqués dans le contrôle de la division ou de la survie cellulaire, donnant ainsi un avantage de croissance aux cellules affectées qui vont alors proliférer de façon anormale. La caractérisation de ces mutations et des gènes dérégulés constitue donc un objectif essentiel pour mettre à jour de façon précise les mécanismes conduisant à la transformation maligne d’une cellule. Au-delà de cette simple compréhension mécanistique, la connaissance de ces mutations permet également de mieux caractériser le comportement d’une tumeur donnée (agressivité, risque de dissémination métastatique, réponse aux traitements…) permettant ainsi de disposer de nouveaux outils cliniques utiles pour établir le diagnostic et le pronostic de la maladie. Enfin, l’identification des anomalies causales d’une pathologie tumorale permet de conceptualiser de nouvelles molécules anti-cancéreuses dirigées spécifiquement contre les cellules malignes. Cette nouvelle stratégie thérapeutique appelée « thérapeutiques ciblées » a d’ores et déjà démontré son efficacité dans le traitement de différents types de cancers.

Le programme de recherche « Mutacancer », fortement soutenu par le Comité de la Ligue de l’Ain depuis deux ans, vise à rechercher de manière systématique des mutations génétiques dans les cellules cancéreuses. Ce programme, développé au sein du Laboratoire de Recherche Translationnelle du Centre Léon Bérard, a pour principal objectif d’identifier des anomalies récurrentes dans les cancers non familiaux du sein, du colon ainsi que dans des tumeurs pédiatriques: les neuroblastomes. Cette étude est basée sur les données actuelles de la littérature scientifique et consiste en une analyse de gènes connus pour jouer un rôle important dans le développement tumoral ou présentant une fonction majeure dans le contrôle de la prolifération et de la survie cellulaire. L’étude de ces gènes est réalisée dans un premier temps sur l’ADN extrait de modèles cellulaires établis à partir de tissus tumoraux. Des régions spécifiques de l’ADN (les gènes sélectionnés) sont ensuite amplifiées puis analysées par séquençage, qui correspond à une lecture des éléments de base constituants l’ADN. La comparaison des séquences obtenues à une séquence de référence permet d’identifier des anomalies génétiques (voir schéma). Actuellement, le séquençage de plus de 80 gènes a été réalisé. Vingt-deux gènes affectés par une anomalie ont été identifiés. Les travaux en cours ont pour objectif de déterminer la fréquence exacte et les conséquences biologiques de ces anomalies dans les différents types de cancers étudiés. L’ensemble des résultats obtenus devrait apporter des réponses importantes concernant les mécanismes impliqués dans la progression tumorale et aider à développer de nouveaux outils cliniques afin d’améliorer la prise en charge des patients.
Bibliographie

 

Ligue Cancer Ain Mehlen Docteur Patrick MELHEN:
Apoptose, Cancer et Développement
6 000 euros
Prix principal de la Fondation Schlumberger en 2002, Prix Européen Jeanne Loubaresse-Institut Curie en 2004, Prix Eurocancer et Médaille d’argent du CNRS en 2006, Prix Oberling en 2007… les récompenses pleuvent sur les travaux de recherche en cancérologie de Patrick Mehlen.

Parmi les premiers à avoir démontré l’implication des protéines du stress dans la mort cellulaire, le thème même de sa thèse soutenue en 1995, Patrick Mehlen n’a cessé depuis de s’intéresser au phénomène d’apoptose. Entré au CNRS dès 1996 pour poursuivre ses travaux sur cette thématique, il dirige désormais le laboratoire «Apoptose, Cancer et Développement» installé au sein du Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard (CLB). Unité mixte de recherche du CLB, du CNRS et de l’Université Claude Bernard Lyon 1, le laboratoire reste à la pointe de la recherche sur le rôle des récepteurs à dépendance dans la mort cellulaire.
Bibliographie

 

  • Aides versées au Centre Hospitalier LYON SUD

Ligue Cancer Ain Freyer

Professeur Gilles FREYER :
"Ciblage thérapeutique en Oncologie Modélisation de l'effet des agents anti-cancéreux" = 70.000 euros
financement complémentaire ( CCD Ingénieur)
30 000 euros

Extraits de "FAIRE FACE AU CANCER, l'espoir au quotidien"
Professeur Gilles FREYER. Éditions Odile Jacob. Mars 2008LES NOUVELLES THERAPEUTIQUES : LES RAISONS D'Y CROIRE

A la fin des années 1990, les cancérologues ont du prendre conscience qu'en dépit de leurs efforts, la chimiothérapie avait atteint ses limites et que le cancer n'était pas encore vaincu.
Il fallait donc trouver d'autres moyens d'empêcher la prolifération des cellules cancéreuses.
Ces nouveaux moyens vont venir de la biologie moléculaire. Cette science du vivant s'attache à comprendre la machinerie cellulaire, d'une effroyable complexité, à fortiori lorsque la cellule est cancéreuse, et qu'elle obéit à toutes sortes de messages pouvant se résumer en un seul : "multiplie-toi et prolifère".

Schématiquement, il y a deux mécanismes cruciaux impliqués dans le développement des tumeurs, sur lesquels se concentrent les recherches actuelles : la prolifération cellulaire et l'angiogenèse.
La prolifération cellulaire s'opère à partir de récepteurs situés à la surface des cellules cancéreuses, qui captent certaines substances circulantes, un peu selon le principe de la clé s'introduisant dans une serrure. Les récepteurs ainsi activés vont transmettre à l'intérieur de la cellule des signaux de prolifération. Il est possible de bloquer certains de ces récepteurs, par exemple à l'aide d'anticorps spécifiques. C'est ainsi que des médicaments majeurs ont pu être récemment mis au point et utilisés dans certaines formes de cancer du sein et de cancer du colon. Associés aux chimiothérapies habituellement utilisées pour traiter ces maladies, ils en augmentent de façon très significative leur efficacité.
Outre les anticorps, certains médicaments agissent en aval des récepteurs de surface, c'est-à-dire à l'intérieur de la cellule, à certaines étapes du processus de diffusion du signal de prolifération.

L'angiogenèse caractérise la production de vaisseaux sanguins au bénéfice de la tumeur. Les cellules cancéreuses, en effet, fabriquent toutes sortes de substances qui vont détourner à leur profit les vaisseaux sanguins de l'organe où elles se développent, afin d'assurer leur alimentation en oxygène. Ce mécanisme est commun à la plupart des cancers. Des médicaments qui pourraient s'opposer à lui trouveraient des applications dans de nombreuses tumeurs. Grâce à la biologie moléculaire, on a pu identifier certains de ces facteurs angiogéniques fabriqués par les tumeurs, comme le VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor ou facteur de croissance des épithéliums vasculaires, c'est-à-dire des cellules qui tapissent l'intérieur des vaisseaux sanguins et permettent leur croissance). Il a été possible de fabriquer et de commercialiser un anticorps anti-VEGF. Cet anticorps se lie au VEGF dans la circulation et empêche son action, diminuant ainsi la richesse des tumeurs en vaisseaux sanguins. Ce médicament a démontré son utilité dans le traitement des tumeurs métastatiques du côlon, du rein, du poumon et du sein.Il peut être utilisé seul ou en association à la chimiothérapie.

D'autres médicaments sont encore plus séduisants car ils combinent un effet antiprolifération cellulaire et un effet antiangiogénique, agissant simultanément sur plusieurs cibles et offrant, en théorie, un maximum de chances d'efficacité.
Il ne s'agit là que de quelques exemples de la véritable révolution thérapeutique que nous sommes en train de vivre.
Les années à venir vont permettre aux chercheurs de mieux définir les conditions optimales d'utilisation de ces nouveaux médicaments.
Parallèlement nous serons de plus en plus souvent capables de proposer des traitements individualisés, "à la carte", grâce aux techniques de cartographie des tumeurs, qui fournissent une "carte d'identité génétique" du cancer et offrira sans doute la possibilité de prédire l'efficacité de tel ou tel traitement ainsi adapté à chaque individu et au cancer dont il souffre.
Certains de ces progrès sont déjà tangibles. D'autres sont en gestation à l'horizon de quelques années ou décennies.

 

 

Professeur Claire RODRIGUEZ LAFRASSE :
"Radiosensibilisation tumorale : approche moléculaire et thérapeutique"
25.000 euros
bibliographie

 


   


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