En 2008, le Comité de l'Ain de la Ligue aura
donné
623.137
euros
pour
financer les Travaux de Recherche suivants:
Aides versées au
Centre LEON BERARD:
Professeur
Jean Yves BLAY: Facteurs prédictifs et mécanismes moléculaires
de l'activité anti tumorale de -2-Imatinib pour
le traitement des fibromatoses agressives
30 000 euros Depuis plus de quinze ans, le
professeur Jean-Yves Blay s’intéresse de près à
la dimension immunologique des cancers et étudie
en particulier les rapports entre le
micro-environnement tumoral et les cellules
malignes. Il poursuit aujourd’hui ses activités
de recherche dans le domaine de l’angiogenèse,
en parallèle à une activité clinique de
cancérologue. Bibliographie
Docteur
Véronique MAGUER-SATTA
Cellules souches mammaires et cancer du sein :
Implication dans la chimiorésistance et la
rechute. 115 381 euros
(conjointement avec le Pf Emmanuel DELAY
Les cellules souches sont des cellules capables
d’assurer la régénération des différents tissus
de l’organisme tout au long de la vie d’un
individu.
Ces cellules sont rares et naturellement
localisées dans un environnement particulier
(parfois appelé « niches ») où elles
interagissent avec les cellules environnantes.
Ces interactions contrôlent le processus de
fabrication des cellules matures et maintiennent
au repos les cellules souches permettant ainsi
de disposer à tout moment d’un pool de cellules
souches qui pourront être mobilisées pour se
différencier en fonctions des besoins de
l’organisme.
Dans différents types de cancers, comme le
cancer du sein, il existe une population
cellulaire à l’origine des mécanismes de rechute
de la maladie plusieurs années après la fin des
traitements initiaux, caractérisée par des
propriétés de cellules souches et une
chimiorésistance unique dont le mécanisme est
inconnu. L’existence démontrée (cancer cérébral,
leucémies, cancer du sein …) de cellules souches
cancéreuses prédit que si l’éradication des
cellules cancéreuses “ banales ” induit une
rémission, seule la destruction des cellules
souches cancéreuses conduirait à une guérison.
En effet, de façon naturelle ces cellules
présentent une résistance accrue aux drogues
conventionnelles.
Dès 1988 l’existence d’une cellule souche dans
la glande mammaire adulte a été soupçonnée par
la découverte de la reconstitution d’une glande
mammaire fonctionnelle chez un animal receveur à
partir d’un fragment de tissu d’un donneur.
Plus récemment (2003) des cellules souches
cancéreuses ont été identifiées qui pourraient
être à l’origine de tumeurs mammaires. C’est en
2006 que la preuve formelle de l'existence d'une
cellule souche mammaire a été apportée chez la
souris puis chez l'homme.
Notre projet consiste, à modifier l’expression
de gènes impliqués dans l’initiation du cancer
dans des cellules souches mammaires humaines
normales que nous avons identifiées et isolées
et d’en évaluer les conséquences à la fois sur
le comportement des cellules souches et sur leur
relation avec leur environnement. Nous
analyserons ainsi le rôle de ces cellules
souches mammaires cancéreuses dans l’émergence
et le maintien de cellules résistantes. Pour
cela au cours des deux premières années de ce
projet nous avons développé les outils et
techniques nécessaires à cette étude. Nous
allons maintenant transformer les cellules que
nous avons caractérisées et étudier leur réponse
à différents traitements. Nous établirons un
profil comparatif entre les cellules transformés
ou non (résistantes ou non) et identifier
potentiellement de nouveaux facteurs prédictifs
de la réponse d’un patient aux traitements.
Enjeux : Les résultats obtenus permettront
d’établir un profil comparatif entre les
échantillons normaux ou transformés (résistants
ou non) et d’identifier potentiellement de
nouveaux facteurs prédictifs de la réponse des
patients aux traitements. De façon plus globale,
cette approche permettra de développer un/des
modèle(s) pour étudier le mécanisme par lequel
se constitue un réservoir de cellules souches
cancéreuses à l'origine de la chimiorésistance
et de la rechute dans des cancers épithéliaux.
En particulier, ces nouveaux modèles
permettraient de tester de nouvelles approches
pour cibler spécifiquement l’éradication des
cellules souches chimiorésistances localisées
dans leur environnement et permettre ainsi de
développer une stratégie thérapeutique
spécifique de la cellule souche tumorale.
Madame Vérionique MAGUER-SATTA est chercheur au
CNRS et à l'INSERM, attachée au Centre Léon
Bérard.
Professeur
Emmanuel DELAY:
Cellules souches mammaires et cancer du sein… 115 381
euros
(conjointement avec le Dr MAGUER-SATTA)
Le Docteur Emmanuel DELAY a été formé
en France (Ancien Interne des Hôpitaux de Lyon,
ancien Chef de Clinique Assistant des Hôpitaux
de Lyon) , à Bruxelles ( service Pr M LEJOUR),
et aux ETATS UNIS, notamment à l’Emory
University d’Atlanta ( Pr J. BOSTWICK, Pr F
NAHAI ).
Chirurgien spécialiste en Chirurgie Plastique
Reconstructrice et Esthétique, il est membre de
la Société Française de Chirurgie Plastique,
Reconstructrice et Esthétique, et de la Société
Américaine de Chirurgie Plastique ( Américan
Society of Plastic Surgeons).
Auteur d’une centaine de publications
scientifiques, articles scientifiques, livres ou
chapitres de livres, et co-auteur du rapport de
la Société Française consacré aux prothèses
mammaires, il donne régulièrement des
conférences dans les congrès nationaux et
internationaux ( 400 communications nationales
et internationales).
Le Docteur Emmanuel DELAY partage son activité
entre la Chirurgie reconstructrice hospitalière
(Centre Léon Bérard, Lyon), l’enseignement
(Université Lyon I) et la recherche (Unité
groupe de recherche sur les cellules souches,
affilié à l'U590); et son activité libérale,
plutôt dédiée à la Chirurgie Plastique et
Esthétique. Article reconstruction sein/cancer
Docteur Isabelle RAY
COQUARD:
Prise en charge des
cancers oto-rhino-laryngologiques: impact de
l'activation d'un référentiel et délai de
transfert des conclusions d'un essai
thérapeutique de chimiothérapie.
43 500
euros
Projet "Cancers et
adolescence" 5 000
euros - Docteur en
médecine spécialité oncologie médicale 1996
- Docteur en Science 2003
Pôles d’intérêts médicaux :
- Cancers gynécologiques (ovaire, endomètre,
tumeurs rares)
- Cancer du sein
- Sarcomes
- Facteurs déterminants les pratiques médicales
et évaluation des pratiques médicales Bibliographie
Professeur
Eric WATTEL:
"Cible thérapeutique des cancers: régulateurs
moléculaires du promoteur de la télomérase
humaines impliqués dans la transformation
maligne. Mesures quantitatives de l'expression
de 120 gènes candidats pour le ciblage
thérapeutique des leucémies" 25 000 euros
Médecin des Hospices Civils de LYON
Service d'Hématologie Hôpital Édouard
Herriot
Unité d'Oncogenèse Virale au Centre Léon
Bérard Bibliographie
Professeur
Alain PUISIEUX:
"Caractérisation moléculaire des cancers du sein
et neuroblastomes" 50 000 euros
Projet Mutacancer : A la recherche de nouveaux
gènes du cancer.
Les cancers sont des pathologies caractérisées
par le développement et la multiplication
anarchique de cellules anormales au sein d’un
tissu ou d’un organe. Au cours de ces 20
dernières années, des progrès considérables ont
été réalisés permettant de mieux comprendre les
mécanismes impliqués dans la genèse d’une
tumeur. Il s’agit d’un processus complexe qui
repose essentiellement sur une accumulation
progressive d’anomalies affectant l’ADN,
molécule constituante de notre patrimoine
génétique (« génome »). Certaines de ces
anomalies, ou mutations génétiques, vont altérer
des gènes dont les produits sont impliqués dans
le contrôle de la division ou de la survie
cellulaire, donnant ainsi un avantage de
croissance aux cellules affectées qui vont alors
proliférer de façon anormale. La caractérisation
de ces mutations et des gènes dérégulés
constitue donc un objectif essentiel pour mettre
à jour de façon précise les mécanismes
conduisant à la transformation maligne d’une
cellule. Au-delà de cette simple compréhension
mécanistique, la connaissance de ces mutations
permet également de mieux caractériser le
comportement d’une tumeur donnée (agressivité,
risque de dissémination métastatique, réponse
aux traitements…) permettant ainsi de disposer
de nouveaux outils cliniques utiles pour établir
le diagnostic et le pronostic de la maladie.
Enfin, l’identification des anomalies causales
d’une pathologie tumorale permet de
conceptualiser de nouvelles molécules
anti-cancéreuses dirigées spécifiquement contre
les cellules malignes. Cette nouvelle stratégie
thérapeutique appelée « thérapeutiques ciblées »
a d’ores et déjà démontré son efficacité dans le
traitement de différents types de cancers.
Le programme de recherche « Mutacancer »,
fortement soutenu par le Comité de la Ligue de
l’Ain depuis deux ans, vise à rechercher de
manière systématique des mutations génétiques
dans les cellules cancéreuses. Ce programme,
développé au sein du Laboratoire de Recherche
Translationnelle du Centre Léon Bérard, a pour
principal objectif d’identifier des anomalies
récurrentes dans les cancers non familiaux du
sein, du colon ainsi que dans des tumeurs
pédiatriques: les neuroblastomes. Cette étude
est basée sur les données actuelles de la
littérature scientifique et consiste en une
analyse de gènes connus pour jouer un rôle
important dans le développement tumoral ou
présentant une fonction majeure dans le contrôle
de la prolifération et de la survie cellulaire.
L’étude de ces gènes est réalisée dans un
premier temps sur l’ADN extrait de modèles
cellulaires établis à partir de tissus tumoraux.
Des régions spécifiques de l’ADN (les gènes
sélectionnés) sont ensuite amplifiées puis
analysées par séquençage, qui correspond à une
lecture des éléments de base constituants l’ADN.
La comparaison des séquences obtenues à une
séquence de référence permet d’identifier des
anomalies génétiques (voir schéma).
Actuellement, le séquençage de plus de 80 gènes
a été réalisé. Vingt-deux gènes affectés par une
anomalie ont été identifiés. Les travaux en
cours ont pour objectif de déterminer la
fréquence exacte et les conséquences biologiques
de ces anomalies dans les différents types de
cancers étudiés. L’ensemble des résultats
obtenus devrait apporter des réponses
importantes concernant les mécanismes impliqués
dans la progression tumorale et aider à
développer de nouveaux outils cliniques afin
d’améliorer la prise en charge des patients. Bibliographie
Docteur
Patrick MELHEN:
Apoptose, Cancer et Développement 6 000 euros Prix principal de la Fondation
Schlumberger en 2002, Prix Européen Jeanne
Loubaresse-Institut Curie en 2004, Prix
Eurocancer et Médaille d’argent du CNRS en 2006,
Prix Oberling en 2007… les récompenses pleuvent
sur les travaux de recherche en cancérologie de
Patrick Mehlen.
Parmi les premiers à avoir démontré
l’implication des protéines du stress dans la
mort cellulaire, le thème même de sa thèse
soutenue en 1995, Patrick Mehlen n’a cessé
depuis de s’intéresser au phénomène d’apoptose.
Entré au CNRS dès 1996 pour poursuivre ses
travaux sur cette thématique, il dirige
désormais le laboratoire «Apoptose, Cancer et
Développement» installé au sein du Centre de
lutte contre le cancer Léon Bérard (CLB). Unité
mixte de recherche du CLB, du CNRS et de
l’Université Claude Bernard Lyon 1, le
laboratoire reste à la pointe de la recherche
sur le rôle des récepteurs à dépendance dans la
mort cellulaire. Bibliographie
Aides versées au Centre Hospitalier LYON SUD
Professeur
Gilles FREYER :
"Ciblage thérapeutique en Oncologie Modélisation
de l'effet des agents anti-cancéreux" = 70.000
euros
financement complémentaire ( CCD Ingénieur) 30 000 euros
Extraits de "FAIRE FACE AU CANCER,
l'espoir au quotidien"
Professeur Gilles FREYER. Éditions Odile Jacob.
Mars 2008LES NOUVELLES THERAPEUTIQUES : LES
RAISONS D'Y CROIRE
A la fin des années 1990, les
cancérologues ont du prendre conscience qu'en
dépit de leurs efforts, la chimiothérapie avait
atteint ses limites et que le cancer n'était pas
encore vaincu.
Il fallait donc trouver d'autres moyens
d'empêcher la prolifération des cellules
cancéreuses.
Ces nouveaux moyens vont venir de la biologie
moléculaire. Cette science du vivant s'attache à
comprendre la machinerie cellulaire, d'une
effroyable complexité, à fortiori lorsque la
cellule est cancéreuse, et qu'elle obéit à
toutes sortes de messages pouvant se résumer en
un seul : "multiplie-toi et prolifère".
Schématiquement, il y a deux mécanismes cruciaux
impliqués dans le développement des tumeurs, sur
lesquels se concentrent les recherches actuelles
: la prolifération cellulaire et l'angiogenèse.
La prolifération cellulaire s'opère à partir de
récepteurs situés à la surface des cellules
cancéreuses, qui captent certaines substances
circulantes, un peu selon le principe de la clé
s'introduisant dans une serrure. Les récepteurs
ainsi activés vont transmettre à l'intérieur de
la cellule des signaux de prolifération. Il est
possible de bloquer certains de ces récepteurs,
par exemple à l'aide d'anticorps spécifiques.
C'est ainsi que des médicaments majeurs ont pu
être récemment mis au point et utilisés dans
certaines formes de cancer du sein et de cancer
du colon. Associés aux chimiothérapies
habituellement utilisées pour traiter ces
maladies, ils en augmentent de façon très
significative leur efficacité.
Outre les anticorps, certains médicaments
agissent en aval des récepteurs de surface,
c'est-à-dire à l'intérieur de la cellule, à
certaines étapes du processus de diffusion du
signal de prolifération.
L'angiogenèse caractérise la production de
vaisseaux sanguins au bénéfice de la tumeur. Les
cellules cancéreuses, en effet, fabriquent
toutes sortes de substances qui vont détourner à
leur profit les vaisseaux sanguins de l'organe
où elles se développent, afin d'assurer leur
alimentation en oxygène. Ce mécanisme est commun
à la plupart des cancers. Des médicaments qui
pourraient s'opposer à lui trouveraient des
applications dans de nombreuses tumeurs. Grâce à
la biologie moléculaire, on a pu identifier
certains de ces facteurs angiogéniques fabriqués
par les tumeurs, comme le VEGF (Vascular
Endothelial Growth Factor ou facteur de
croissance des épithéliums vasculaires,
c'est-à-dire des cellules qui tapissent
l'intérieur des vaisseaux sanguins et permettent
leur croissance). Il a été possible de fabriquer
et de commercialiser un anticorps anti-VEGF. Cet
anticorps se lie au VEGF dans la circulation et
empêche son action, diminuant ainsi la richesse
des tumeurs en vaisseaux sanguins. Ce médicament
a démontré son utilité dans le traitement des
tumeurs métastatiques du côlon, du rein, du
poumon et du sein.Il peut être utilisé seul ou
en association à la chimiothérapie.
D'autres médicaments sont encore plus séduisants
car ils combinent un effet antiprolifération
cellulaire et un effet antiangiogénique,
agissant simultanément sur plusieurs cibles et
offrant, en théorie, un maximum de chances
d'efficacité.
Il ne s'agit là que de quelques exemples de la
véritable révolution thérapeutique que nous
sommes en train de vivre.
Les années à venir vont permettre aux chercheurs
de mieux définir les conditions optimales
d'utilisation de ces nouveaux médicaments.
Parallèlement nous serons de plus en plus
souvent capables de proposer des traitements
individualisés, "à la carte", grâce aux
techniques de cartographie des tumeurs, qui
fournissent une "carte d'identité génétique" du
cancer et offrira sans doute la possibilité de
prédire l'efficacité de tel ou tel traitement
ainsi adapté à chaque individu et au cancer dont
il souffre.
Certains de ces progrès sont déjà tangibles.
D'autres sont en gestation à l'horizon de
quelques années ou décennies.