Les traces les plus anciennes du cancer se trouvent
dans des fragments de squelettes humains datant de la
préhistoire. On le rencontre aussi sur des momies
découvertes dans des pyramides égyptiennes. On parle
également du cancer sur des tablettes recouvertes de
caractères cunéiformes de la bibliothèque de Ninive. On
le rencontre encore lors de la découverte de monuments
funéraires étrusques ou sur des momies péruviennes.
Le plus ancien texte connu à ce jour semble être le
papyrus chirurgical dit de Edwin SMITH qui daterait de
l'ancien empire égyptien et qui serait attribué à
IMOUTHES, grand prêtre d' Héliopolis et Premier ministre
du roi DJOSER vers 2800 avant J-C.
HERODOTE nous apprend qu' ATOSSA, fille de CYRUS et
femme de DARIUS, fit appeler vers 525 (avant J-C)
DEMOCEDES, le fameux médecin grec, pour une tumeur
ulcérée du sein qu'il réussit à guérir sans que le
traitement employé ne soit connu.
Quelques temps plus tard, en Grèce, HIPPOCRATE, dans
les nombreux écrits qui lui sont attribués, fait
plusieurs fois allusions au cancer, dont le nom vient de
l'aspect de sa propagation, ressemblant à des pattes de
crabe.
Les anciens hindous, 2000 ans avant notre ère ,
essayèrent de détruire les cancers en y appliquant des
cataplasmes de pâte corrosive contenant de l'arsenic.
Pour la petite histoire, les personnes qui ne mourraient
pas du cancer mourraient empoisonnées par l'arsenic.
Au Moyen-âge, en France, Henri de MONDEVILLE écrivait
en 1320 : « aucun cancer ne guérit, à moins d'être
radicalement extirpé tout entier. En effet, si peu qu'il
en reste, la malignité augmente dans la racine. »
Au XVIIè siècle GENDRON, médecin du frère de Louis
XIV, conçoit le cancer comme une modification tissulaire
localisée qui s'étend par prolifération, curable si elle
est extirpée dans sa totalité , il jette un pont de deux
siècles et demi entre lui et nous.
Anne d' Autriche, reine de France et mère des
précédents, fut atteinte d'un cancer du sein, elle
supporta très courageusement la maladie mais ne put en
être guérie.
C'est à BICHAT et LAENNEC que l'on doit la conception
anatomique de la maladie cancéreuse. Puis vient la
notion de tissu avec l'allemand MULLER en 1826.
Rudolph VIRCHOW prouve quant à lui que la cellule
cancéreuse naît toujours d'autres cellules.
La seconde moitié du XIXè siècle verra s'accélérer
les progrès de la médecine.