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Mars bleu : mois du cancer colo-rectal
Avoir le réflexe du dépistage en consultation à
l'occasion de l'opération Mars Bleu 2011. l'institut
National du cancer (INCa) entend mobiliser davantage
les médecins traitants dans le dépistage organisé du
cancer colo-rectal chez les patients de 50 à 74
ans. L'objectif est d'améliorer un taux de dépistage
évalué à 34 % dans l'Hexagone lors de la précédente
campagne.
Au centre du dispositif, les médecins traitants se
mobilisent progressivement dans le dépistage
organisé du cancer colo-rectal depuis sa
généralisation en 2009 sur l'ensemble du territoire.
Selon une enquête de l'institut BVA mené en 2010 pour l'INCa,
34 %
des médecins généralistes déclarent "vérifier
systématiquement la réalisation de ce dépistage chez
leurs patientèle de 50 à 74 ans" (contre 56 % dans le
cancer du sein et 47 % dans le cancer de la
prostate).
Près d'une fois sur deux la question du dépistage
est abordée en consultation à la seule initiative du
patient.
A l'occasion de la campagne Mars Bleu, mois national
de mobilisation contre le cancer colo-rectal, l'INCa
soutient l'importance de créer une "parole-réflexe"
sur ce dépistage lors de la consultation. Pour
rappel, il s'agit, après évaluation de l'état de santé
d'un patient éligible à ce dépistage organisé, de remettre
à ce dernier un test au Gaïac, à réaliser à domicile.
"En pratique le test consiste à prélever de petits
fragments de selles à déposer sur une plaquette. Le
prélèvement étant à effectuer sur trois selles
consécutives. Le patient insère ensuite la plaquette
dans une enveloppe T à adresser au centre de lecture
dont l'adresse est inscrite sur l'enveloppe".
Les résultats sont transmis par le centre de lecture
au patient et normalement à son médecin. En cas de
test positif (soit 2 à 3 % des cas) la personne est
alors invitée à consulter son médecin traitant qui
pourra lui prescrire une coloscopie afin de
rechercher la présence de lésions dans le côlon ou
le rectum.
40 000 cas annuels.
Troisième cancer le plus fréquent en France avec 40 000
nouveaux cas en 2010 derrière les cancers de la
prostate (71 000 cas) et du sein (52 500 cas), le
cancer colo-rectal reste la deuxième cause de
mortalité par cancer en France (20 000 décès estimés
en 2010), après le cancer du poumon (28 700 décès).
Grâce aux dépistage précoce (stade I cancer
superficiel dans la paroi de l'intestin), le taux de
survie à cinq ans après le diagnostic dépasse les 90
%.
"En faisant un test de recherche de sang occulte dans
les selles tous les deux ans suivis d'une coloscopie
en cas de positivité du test il est possible de
diminuer de 15 à 20 % la mortalité par cancer
colo-rectal avec un taux de participation de 50 %"
souligne l'INCa.
Pour la période 2009 - 2010, sur 17 millions de
personnes de 50 à 74 ans, ciblées, 5 millions ont
adhéré au dépistage organisé, soit un taux de
participation nationale de 34 %, plus élevés chez les
femmes (36,5 %) que chez les hommes (31,4 %).
Ce niveau de participation diffère grandement selon
les régions (52,4 % en Bourgogne contre 23,5 % à la
Réunion).
Tout au long du mois de mars l'INCa va mener
plusieurs actions de sensibilisation autour du
dépistage du cancer colo-rectal : spots TV, campagne
d'affichage, communication radio et Presse, film
pédagogique sur Internet...
Pour les professionnels
l'INCa prévoit d'envoyer un courriel à 46 000
médecins généralistes ainsi qu'un quiz à 23 000
d'entre eux.
TROIS QUESTIONS à Jérome VIGUIER
(Responsable
du département dépistage à l'INCa)
Quel regard portez-vous sur le niveau de
mobilisation des généralistes dans le dépistage du
cancer colo-rectal ?
A l'occasion des précédentes campagnes de dépistage
organisé, 39 000 médecins généralistes ont remis
chacun au moins 10 tests à des patients.
Il y a un
investissement important des généralistes.
Toutefois
les taux de participation de la population
témoignent du besoin de mobiliser encore davantage
les médecins traitants qui demeurent les maillons
essentiels de ce dépistage systématisé.
Lorsque le test est remis par le médecin généraliste,
il est réalisé par le patient dans près de 90 % des
cas. A contrario lorsque le test est envoyé par la
poste, il est effectué seulement dans 15 % des cas.
Le pouvoir de conviction du médecin généraliste sur
le patient concernant ce test de dépistage est donc
extrêmement important.
Certains médecins demeurent réservés vis-à-vis du
test actuel au Gaïac ?
Même si le test n'est pas parfait, il permet de
dépister précocement la moitié des cancers colo-rectaux.
Les tests vont évoluer avec l'émergence prochaine des
tests immunologiques.
Pour l'heure aucun test
alternatif n'est actuellement disponibles.
Or,
refuser de proposer ce test au Gaïac, c'est pour le
médecin priver sa patientèle de la possibilité de
pouvoir détecter précocement ce type de cancer.
Comment améliorer l'adhésion au dépistage du
cancer colo-rectal ?
Dans les enquêtes que nous réalisons les médecins se
déclarent convaincus de l'efficacité d'un dépistage du
cancer colo-rectal.
Néanmoins ils ont encore un peu
de mal à rester mobilisés sur toute une année pour
la remise des tests, afin de pérenniser ce dépistage.
L'important pour le médecin généraliste est
d'intégrer le réflexe de proposer à sa patientèle
de 50 à 74 ans un test de dépistage cancer
colo-rectal.
Il est également très important que les généraliste
restent informés des résultats du dépistage.
On constate que les départements ayant les plus
forts taux de participation sont ceux où le retour
d'information vers les médecins généralistes est le
mieux organisé.
Propos recueillis par Daniel Bilhaut pour le
Quotidien du Médecin

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