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Cancer du sein : Etude Genesis
Rechercher des facteurs de prédispositions
génétiques
Lancée au début de l'année 2007, l'étude Genesis est
partie d'un constat simple: on sait qu'il existe des
formes rares dites « familiales » de cancer du sein,
où plusieurs membres d'une même famille sont un jour
atteints de la maladie.
Pourquoi cette étude ?
Plusieurs mutations génétiques
associées à ces formes familiales ont été
identifiées, en particulier des mutations sur les
gènes appelés BRCA1 et BRCA2, qui exposent à un
risque élevé de survenue de la maladie, au cours de
la vie, supérieur à
70 % dans le cas de BRCA1 et de l'ordre de 50 % pour
BRCA2.
Cependant, ces mutations ne semblent présentes que
dans environ 20 % des cas des formes familiales.
Cela signifie que dans la majorité des formes
familiales de cancer du sein, il existe d'autres
facteurs génétiques de prédisposition, facteurs
encore à découvrir.
C'est l'objectif que ce sont fixé
les responsables de l'étude Genesis, le Professeur Dominique
Stoppa-Lyonnet, onco-généticienne, et Nadine
Andrieu, directrice de recherche Inserm et
épidémiologiste, qui travaillent toutes deux à
l'Institut Curie à Paris.
Actuellement plus de 1200 femmes
et 2200 sœurs ou amies ont accepté de participer à
Genesis. Cependant il est nécessaire que d'autres
femmes entrent également dans l'étude afin que
celle-ci puisse aboutir.
Quels sont les objectifs de Genesis ?
La recherche médicale en génétique est en plein
essor, car ce sont nos gènes qui régulent tous les
processus de vie et de renouvellement de nos
cellules ainsi que leurs différentes fonctions.
Notre patrimoine génétique, hérité de nos parents,
ne détermine pas uniquement les caractéristiques
physiques, comme la couleur des yeux.
C'est aussi en fonction de ce patrimoine que nous
sommes plus ou moins prédisposés à développer telle
ou telle maladie.
C'est également ce patrimoine qui détermine en
partie la sévérité et l'évolution d'une maladie.
Même si les gènes ne font pas
tout, puisque notre environnement et nos
comportements ont aussi une influence, il est
important de les étudier pour déterminer, pour une
maladie donnée, quels sont les gènes qui favorisent
sa survenue et influent sur son évolution, et par
quels mécanismes ils interviennent.
De telles recherches sont ainsi susceptibles de
permettre la mise en place de moyens de prévention
et de découvrir de nouveaux traitements.
Malgré les progrès technologiques considérables
réalisés au cours des dix à vingt dernières années
qui permettent d'étudier de plus en plus finement
les gènes, il est encore particulièrement difficile
de déterminer le lien entre un gène et la survenue
d'une maladie.
L'ensemble du matériel génétique d'une personne, ce
que l'on appelle le génome, est en effet constitué
de 20 000 à 25 000 gènes.
De surcroît, les gènes peuvent interagir avec
l'environnement ou le style de vie. Enfin, il existe
des variations génétiques substantielles d'une
personne à une autre.
Tout ceci constitue autant d'obstacles à
l'identification précise d'un gène ou d'un groupe de
gènes intervenant dans le processus de survenue
d'une maladie.
L'étude Genesis a été conçue pour contourner en
partie ces difficultés car elle vise à étudier les
gènes de personnes d'une même famille, sachant que
leur patrimoine génétique sera proche.
Elle consiste ainsi à comparer le génome de sœurs
atteintes d'un cancer du sein et à voir si l'on
retrouve chez elles des caractéristiques génétiques
communes. Si de telles caractéristiques sont
identifiées chez un certain nombre de « paires » de
sœurs, elles pourraient constituer un ou plusieurs
facteurs de prédisposition. Mais encore faudra-t-il
s'assurer que ces caractéristiques génétiques ont
bien un lien avec le cancer. C'est pourquoi il est
prévu que participent également à Genesis des sœurs
non atteintes par la maladie, ainsi que des amies ou
des collègues de travail pour étudier aussi leur
génome.
Deux cas de figure seront alors possibles:
1) Les caractéristiques génétiques communes
identifiées chez les femmes touchées par le cancer
sont aussi retrouvées chez celles qui sont indemnes
de la maladie. Dans ce cas, ces caractéristiques
n'ont vraisemblablement pas de lien avec le cancer
du sein.
2) Les caractéristiques génétiques communes
identifiées chez les femmes touchées par le cancer
ne sont pas retrouvées chez celles qui sont indemnes
de la maladie. Dans ce cas, il est fort probable que
ces caractéristiques soient liées au cancer du sein
et constituent alors des facteurs de prédisposition.
L'objectif de l'étude est donc de parvenir à
identifier des caractéristiques génétiques présentes
uniquement chez les sœurs atteintes d'un cancer du
sein, qui puissent constituer des facteurs de
prédisposition à la maladie.
Il sera alors possible de les étudier plus finement
pour tenter d'identifier par quels mécanismes le ou
les gènes ainsi identifiés agissent et comment ils
favorisent la survenue du cancer du sein.
L'étude Genesis va également rechercher s'il existe
des caractéristiques génétiques qui déterminent des
facteurs de risque déjà connus, en particulier la
densité mammaire. On sait en effet que plus la
densité du sein est élevée, et plus le risque de
survenue d'un cancer augmente.
A terme cette étude pourra ainsi conduire à
développer de nouveaux tests génétiques permettant
de préciser, pour les formes familiales de cancer du
sein le risque de survenue de la maladie.
A qui s'adresse l'étude ?
Genesis concerne des femmes atteintes d'un cancer du
sein, celui-ci pouvant avoir été récemment
diagnostiqué ou découvert plusieurs années
auparavant.
Il est nécessaire qu'une recherche de
mutations sur Les gènes BRCA1 et BRCA2 ait été
effectuée et que les résultats aient été négatifs.
De plus, il faut que les participantes aient au
moins une sœur atteinte ou ayant été atteinte elle
aussi d'un cancer du sein.
La participation à l'étude est proposée dans les 51
consultations d'oncogénétique du Groupe Génétique et
Cancer de la Fédération Nationale des Centres de
Lutte Contre le Cancer (FNCLCC)
Une fois incluses dans l'étude, les participantes
proposent elles mêmes à leurs sœurs, celles
atteintes de la maladie et celles qui en sont
indemnes, ainsi qu'à leurs amies et collègues de
leur choix d'entrer elles aussi dans Genesis.
Lorsque cela est possible elles peuvent aussi
proposer l'étude à d'autres membres de leur famille
(père, mère et frères)
A quoi sert participer à l'étude?
Il n'y a pas de bénéfice individuel direct à
participer à Genesis.
Pour les participantes touchées par le cancer du
sein, cela ne change rien à leur suivi médical et à
leurs éventuels traitements.
Pour les femmes indemnes de la maladie, la
participation à l'étude n'a aucune répercussion dans
leur vie.
En fait, accepter d'entrer dans Genesis est un acte
altruiste en faveur d'une recherche dont les
résultats pourraient bénéficier à de nombreuses
femmes dans un avenir plus ou moins proche.
Quelles sont les contraintes ?
Lorsqu'une femme à laquelle l'étude a été proposée
accepte d'y participer, elle reçoit peu après à son
domicile différents documents:
- d'une part, une lettre d'information ainsi qu'un
formulaire de consentement qui doit être signé;
- d'autre part, une prescription pour réaliser un
prélèvement sanguin, ainsi qu'un questionnaire
épidémiologique à remplir et à renvoyer accompagné
de la mammographie de diagnostic pour les femmes
atteintes ou de la dernière mammographie pour celles
indemnes de la maladie.
Tous les frais relatifs à cette étude sont pris en
charge par le centre coordinateur (enveloppes
prépayées fournies, prélèvement sanguin, etc.).
Les sœurs et les amies reçoivent exactement les
mêmes documents qu'elles doivent retourner à leur
tour.
C'est le cas également pour les parents et les
frères, à l'exception de la mammographie.
Le prélèvement sanguin est réalisé dans le
laboratoire d'analyse du choix des participants ou à
leur domicile par un(e) infirmier(ère).
Les mammographies sont restituées aux participantes
dans un délai maximum de deux semaines, une fois
scannées et anonymisées par l'équipe coordinatrice
de l'étude.
Qui sont les responsables de l'étude ?
Le promoteur de l'étude est la Fédération Nationale
des Centres de Lutte Contre le Cancer (FNCLCC).
Cette étude a reçu le soutien financier de Ligue
Nationale Contre le Cancer et de l'Institut National
du Cancer pour sa réalisation.
Le médecin investigateur principal de Genesis est le
professeur Dominique Stoppa-Lyonnet, qui est
onco-généticienne à l'Institut Curie à Paris.
C'est dans cet Institut qu'est implanté le centre
coordinateur de l'étude, dont la responsable est Mme
Nadine Andrieu, directrice de recherche à l'Inserm
et épidémiologiste.
Les échantillons sanguins sont recueillis et
conservés par le Centre de Ressources Biologiques du
Centre Léon Bérard à Lyon, sous la responsabilité de
Mme Olga Sinilnikova.
Les sauvegardes numériques des mammographies sont
centralisées par le centre coordinateur.
Pour quand les premiers résultats sont ils
attendus ?
Pour que l'étude Genesis aboutisse, il est
nécessaire qu'au moins mille « paires » de sœurs
touchées par le cancer du sein participent à
l'étude. Compte tenu du rythme de recrutement actuel
dans l'étude, il est attendu que ce nombre de
participantes soit atteint à la fin de l'année 2010.
Les recherches et les analyses concernant les femmes
déjà participantes ont d'ores et déjà commencé.
Elles pourraient aboutir à des premiers résultats
dans le courant de l'année 2011. Les résultats
définitifs devraient être disponibles en 2013.
A QUI S'ADRESSE L'ÉTUDE
GENESIS ?
L'étude concerne des femmes majeures:
- Atteintes d'un cancer du sein, qu'il ait été récemment diagnostiqué ou
découvert
plusieurs années auparavant.
- Ayant réalisé un test BRCA I et 2 pour lequel le résultat a été
négatif.
- Ayant au moins une sœur atteinte d'un cancer du sein.
La participation à l'étude est proposée par l'une
des 51 consultations d'oncogénétique du groupe
Génétique et Cancer de la FNCLCC impliquées sur
l'ensemble de la France.

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