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La mortalité liée aux cancers en baisse.
La baisse s'accélère, moins chez la femme que chez
l'homme.
L'Institut national du cancer
(INCa) publie, conformément à la mesure 6 du plan
Cancer 2009-2013, de nouvelles données sur la
mortalité par cancer en France.
Au cours de vingt dernières années les taux sont en
baisse quels que soit le sexe, la tranche d'âge ou
la région considérés.
Toutefois, ce sont les hommes qui ont le plus
bénéficié de cette chute de la mortalité.
Le rapport « Dynamique d'évolution des taux de
mortalité des principaux cancers en France » publié
par l'INCa constitue un point d'étape entre deux
plans Cancer, celui de 2003-2007 et celui de
2009-2013.
Son objectif est de mesurer l'impact des actions et
des politiques de santé publique menées ces
dernières années.
De ce point de vue, l'INCa se félicite de l'approche
globale mise en œuvre.
Celle-ci « devient progressivement fructueuse en
augmentant non seulement la survie, mais aussi en
débouchant sur une diminution notable de la
mortalité par cancer en population. Les tendances
d'évolution les plus récentes montrent que ce
phénomène s'accélère », souligne l'institut.
Un précédent rapport, en avril
2010 avait montré que le taux de survie à 5 ans,
tous cancers confondus était désormais supérieur à
50 %.
Cette fois, l'analyse de l'évolution de la mortalité
par cancer au cours des 20 dernières années,
réalisée à partir des données les plus récentes de
l'Institut de veille sanitaire (InVS), de l'INSERM
et du réseau français des registres de cancer
FRANCIM, révèle que les taux de mortalité liée au
cancer sont en baisse chez l'homme comme chez la
femme, dans toutes les tranches d'âge et dans toutes
les régions.
Toutefois, le cancer reste la
première cause de décès chez l'homme (32,9 % de
l'ensemble des décès masculins) et la deuxième chez
la femme (23,4 % de l'ensemble des décès féminins).
En moyenne, 147 851 décès par
cancer, 88 188 chez l'homme et 59 663 chez la femme,
ont été enregistrés chaque année en France au cours
de la période 2003-2007.
L'écart de mortalité entre les hommes et les femmes
se réduit au cours du temps mais le taux reste deux
fois plus élevé chez les premiers (162 décès pour
100 000 hommes contre 76,9 pour 100 000 femmes).
L'évolution récente semble moins favorable chez
la femme.
Le taux de mortalité par cancer tous âges et toutes
localisations confondus a diminué, si l'on compare
les périodes 1983-1987 et 2003-2007.
Le taux masculin a baissé de 22 %passant de
208,7 à 162,6 décès pour 100 000 hommes avec une
accélération de la baisse sur les dix dernières
années.
Le taux féminin a diminué de manière moins
importante (-14 %), passant de 92,8 à 79,9 décès
pour 100 000 femmes.
Selon les projections qui font
l'hypothèse d'une prolongation de la tendance
récente, les taux de mortalité sont estimés à 141,8
décès pour 100 000 hommes et de 77,5 décès pour 100
000 femmes en 2010.
La baisse de la mortalité par cancer chez l'homme
est principalement due à la diminution de la
mortalité par cancer du poumon et autres cancers
liés au tabac et à l'alcool (estomac, œsophage,
lèvre-bouche-pharynx, larynx) ainsi que des cancers
de la prostate et du côlon-rectum.
Chez la femme, la décroissance
du taux de mortalité par cancer est ralentie par
la forte hausse du taux féminin de mortalité par
cancer du poumon au cours des vingt dernières
années, une augmentation liée à la hausse de la
consommation tabagique observée depuis plus de 40
ans.
Toutefois la mortalité liée à
certains cancers accessibles au dépistage et
diagnostic précoce, tels les cancers du sein, du
cô¬lon-rectum, du col de l'utérus, est en baisse,
notamment sur les années récentes.
La généralisation en France des dépistages
organisés du cancer du sein et du cancer
colorectal devrait contribuer à la poursuite de la
baisse de la mortalité par ces cancers.
Sur la période 2003-2007, environ 71 % des décès par
cancer sont survenus chez les personnes âgées de 65
ans et plus.
Chez les moins de 65 ans (29 % des décès), les
cancers responsables du plus grand nombre de décès
sont les cancers du poumon chez l'homme (31,9
% des décès prématurés masculins) et les cancers du
sein et du poumon chez la femme
(respectivement 26,8 % et 15,4 % des décès
prématurés féminins).
Globalement, le taux
d'incidence tous cancers confondus a augmenté
chez l'homme et la femme alors que le taux de
mortalité diminuait.
Lorsque la baisse est conjointe
(lèvres-bouche-pharynx, larynx, œsophage, estomac et
vessie chez l'homme; estomac, col de l'utérus, de
l'ovaire, du rein, de la vessie chez la femme),
l'évolution favorable de la mortalité s'explique
essentiellement par la baisse de l'incidence et,
dans une moindre mesure, par les progrès
thérapeutiques.
Dans d'autres cas où l'incidence
est en augmentation et la mortalité, en diminution
ou stable (prostate surtout, cancer du rein,
testicule, chez l'homme ; cancer du sein, thyroïde
chez la femme), l'évolution est plutôt liée à
l'impact des progrès dans le diagnostic précoce
et/ou à la prise en charge thérapeutique.
Docteur Lydia ARCHIMEDE

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