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La recherche contre le cancer
progresse vite. Très vite. Les axes de recherche et
les résultats se multiplient. Plusieurs découvertes
récentes ont permis aux chercheurs de mieux
appréhender
cette maladie et d'aider les médecins à donner à
chaque patient le médicament le mieux adapté avec le
dosage optimal.
Personnaliser les traitements des patients atteints
de cancer est aujourd'hui une réalité très concrète.
La recherche en est à un stade où la compréhension
des mécanismes et des causes du cancer est telle que
les médecins peuvent aujourd'hui mieux prévenir et
mieux traiter.
Les efforts à fournir pour trouver de nouveaux
traitements plus efficaces sont encore
considérables.
De nombreuses pistes de recherche sont exploitées et
aucune n'est à négliger. Certaines sont toutefois
plus prometteuses, par exemple celles fondées sur
les micro ARN, la génomique, les bio marqueurs ou
les nano biotechnologies ou encore les cellules
souches.
De l'avis des scientifiques, ces pistes déboucheront
certainement sur de véritables révolutions pour le
patient.
D'autres, comme les vaccins contre le cancer sont
sources de grands espoirs.
Les mi-ARN: nouvelles cibles thérapeutiques
Nouvelle coqueluche des cancérologues, sujet du prix
Nobel de médecine en 2006, les micro-ARN (appelés
aussi mi-ARN) ont transformé la façon d'analyser la
tumeur cancéreuse.
Bien que découvert il y a seulement une dizaine
d'années, le potentiel de ces petites molécules est
énorme. Imaginez, « 30 % de notre génome serait
régulé par ces mi-ARN, et on en dénombre autour de 1
000 chez l'homme», lance Edouard Bernard (CNRS,
Montpellier), un des spécialistes français des
micro-ARN soutenu parla Ligue. En ciblant un mi-ARN,
on pourrait inhiber le ou les gènes responsables de
la création des protéines à 1'origine des cellules
tumorales.
Petits par la taille, mais grands par l'intérêt
qu'ils ont pour les chercheurs et les industries
pharmaceutiques, ces mi-ARN sont le thème de
prédilection de Fabien Darfeuille (Inserm,
Bordeaux). Il a pu démontrer que certains cancers
gastriques montraient une surexpression de mi-ARN
spécifiques.
D'autres mi-ARN ont par ailleurs été identifiés
comme suppresseurs de tumeur dans les cancers du
foie et du sein, et ils ne doivent donc pas être
sous-exprimés sous peine de voir les tumeurs
grossir.
D'autres encore se sont révélés être associés à
plusieurs cancers: le mi-ARN 101, par exemple, est
un marqueur pour les cancers de la prostate, du
sein, de la vessie, de l'estomac et du mélanome.
Mesuré dans le sang, il pourrait ainsi servir au
dépistage.
Un autre projet, mené dans le
cadre du programme "Cartes d'identité des tumeurs" a
pour but d'identifier les mi - ARN composant la
signature moléculaire de la récidive d'une tumeur
desmoïde (une tumeur touchant le tissu conjonctif).
Cette recherche vient appuyer un projet porté à bout
de bras par une patiente, atteinte de cette tumeur,
qui a monté à elle seule une banque de tissus et a
su trouver les partenaires cliniciens et biologistes
pour obtenir le financement de la Ligue. Il s'agit
là d'une des plus belles illustrations de la
collaboration entre patients et chercheurs en
France.
Les mutations « gènes du cancer », guide pour un
traitement adapté
Dans un registre voisin, des avancées notables ont
lieu également dans le domaine de la génomique.
L'idée n'est pas seulement d'associer tel gène à tel
cancer, mais surtout de comprendre comment la
modification des gènes d'un individu cause la
maladie.
Il y a quelques mois, des chercheurs américains ont
identifié une dizaine de mutations génétiques dans
les cellules cancéreuses d'une patiente atteinte de
leucémie. Selon eux, ces mutations pourraient être
la cause de la maladie et expliquer pourquoi les
cellules cancéreuses résistent à la chimiothérapie.
Par ailleurs, un gène lié à la diffusion de
métastases dans le cancer du sein vient tout juste
d'être identifié. Surexprimé dans 40 % de ces
cancers, il aiderait les cellules cancéreuses à
adhérer aux vaisseaux sanguins d'autres organes.
Tout comme les mi-ARN, ce gène pourrait devenir la
cible de futurs traitements.
Détecter le cancer par un simple test sanguin
On l'a vu, les mi-A RN peuvent jouer le rôle de bio
marqueurs. Mais les marqueurs du cancer prennent le
plus souvent la forme de protéines, ces molécules
synthétisées à partir de l'ADN. Plutôt que les
techniques invasives toujours traumatisantes pour
les patients, un simple test sanguin ne pourrait-il
pas permettre de diagnostiquer un cancer?
Une équipe américaine vient de répondre à cette
question en mettant au point un test capable
d'identifier des protéines caractéristiques des
cancers du sein et de la prostate. Le plus
surprenant, c'est que ce test ne prend que dix
minutes pour identifier 35 protéines dans une goutte
de sang.
L'efficacité de ces biomarqueursva plus loin que le
diagnostic. ils aident également au choix de la
thérapie ciblée et, grâce à des mesures effectuées
durant le traitement, ils permettraient de faire un
meilleur suivi thérapeutique et de s'adapter à la
façon dont chaque patient réagit au traitement.
Les nanobiotechnologies, au service des
traitements ciblés sans effets secondaires
Les nanotechnologies, elles aussi, pourraient
améliorer le suivi de l'efficacité d'un traitement.
Plusieurs instruments d'imagerie moléculaire en
trois dimensions capables de « voir» à l'échelle
nanométrique sont aujourd'hui en développement pour
observer les " cellules au travail». Notons en
particulier les microscopes à haute résolution, les
systèmes à base de caméras ultrarapides et des
sondes fluorescentes capables d'éclairer uniquement
les cellules tumorales, des outils bien plus
performants que les traditionnels rayons X, IRM et
scanner.
La maîtrise des nanobiotechnologies pourrait
permettre dans un avenir assez proche des diagnostics plus précoces,
un meilleur suivi, mais aussi un meilleur ciblage
thérapeutique et une réduction des effets
secondaires.
Des cellules souches ... cancéreuses, un nouvel
espoir de traitement ciblé
Cibles des futurs traitements pour éviter les
rechutes, il ne faut pas oublier que les cellules
souches sont déjà utilisées à des fins
thérapeutiques.
Les cellules cancéreuses peuvent prendre des formes
inattendues. On a découvert récemment que les
récidives du cancer étaient dues à des cellules
souches nichées au cœur de la tumeur et ayant
résisté à la chimiothérapie.
Ces cellules peuvent, tout comme les cellules
souches embryonnaires, évoluer en n'importe quel
type de cellule (cœur, sang, peau, neurone, etc.).
D'où le concept de « cellule souche cancéreuse ».
Cette théorie semble être très bien démontrée pour
plusieurs cancers, en particulier ceux du sein, de
la prostate, du cerveau, et la leucémie. Le défi est
donc de trouver des médicaments ciblant directement
ces cellules pour les empêcher de se renouveler.
Malgré la position ambiguë de la France en matière
d'éthique sur ce sujet, nos scientifiques sont en
bonne position. Quatre lignées de cellules souches
embryonnaires humaines sont aujourd'hui disponibles
en France, dont trois à l'institut de recherche en
biothérapie de Montpellier, dirigé par Bernard
Klein. Ces lignées vont à coup sûr
" booster " les découvertes en matière de cellules souches cancéreuses.
Les travaux de l'équipe de Bernard Klein sont
d'ailleurs éloquents. Ils ont démontré, entre
autres, que les cellules souches leucémiques, au
contact de l'os, ne se divisent pas, et qu'elles
sont résistantes à la chimiothérapie.
Les greffes de moelle osseuse faites depuis trente
ans pour traiter les leucémies diminuent au profit
des greffes de cellules souches« sanguines ».
Vu leur vaste potentiel. on comprend mieux pourquoi
le prix Nobel de médecine 2007 a été décerné à trois
spécialistes des cellules souches. Toutes ces
recherches suscitent d'énormes attentes, aussi bien
pour les scientifiques que pour les patients.

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