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Le cancer du col de l'utérus, le deuxième cancer
féminin par sa fréquence" est en progression. Il a
été responsable de 250.000 décès dans le monde en
2005, dont 80 % dans les pays en voie de
développement. L'OMS estime qu'il pourrait augmenter
de 25 % dans les dix prochaines années.
Le responsable de ce cancer est un virus, le
papillomavirus (HPV). Il existe de nombreux types d'HPV,
identifiés par un numéro. Certains d'entre eux ont
la propriété de transformer les cellules du col de
l'utérus. On dit qu'ils sont oncogènes.
Ces virus infectent 70 % des hommes et des femmes
sexuellement actifs au moins une fois au cours de
leur vie, le plus souvent dès le début de leur
activité sexuelle. Dans la majorité des cas, ils
sont éliminés spontanément en 9 à 12 mois. Mais en
cas de persistance du virus, sous l'influence
d'autres facteurs comme le tabagisme et
l'affaiblissement des défenses immunitaires, des
lésions précancéreuses (dysplasies) apparaissent en
5 à 10 ans, et un cancer du col de l'utérus peut
survenir 15 à 20 ans après l'infection initiale.
Le dépistage est fondamental. Il se fait depuis les
années cinquante par le frottis. Ce frottis permet
de déceler les lésions précancéreuses à leurs
différents stades. Il s'adresse aux femmes de 25 à
65 ans ayant une activité sexuelle. Lors du premier
dépistage, les jeunes femmes font faire un frottis
deux années de suite, puis ensuite tous les trois
ans tout au long de leur vie.
Malheureusement on constate en France, qu'un tiers
des femmes de 35 à 64 ans ne font pas réaliser ces
frottis.
D'où le chiffre de 1000 décès annuels par cancer du
col.
L'apparition d'un vaccin peut apporter un progrès,
mais ne doit pas remplacer le frottis.
Commercialisée en France début 2007, la vaccination
anti-HPV est remboursée par la Sécurité Sociale à 65
%.
Elle consiste en 3 injections faites en 6 mois.
Elle induit une immunité forte et durable (au moins
5 ans) vis-à-vis de l'HPV. Cette vaccination est
efficace à 100 % contre deux HPV oncogènes, les
types 16 et 18, qui sont responsables de 70 % des
cancers du col.
Il existe actuellement deux vaccins différents.
L'un d'eux protège contre les HPV n° 16 et 18,
l'autre protège en plus contre les HPV n° 6 et 11,
qui sont responsables de condylomes, verrues
génitales bénignes mais inconfortables.
Une dizaine d'autres HPV oncogènes, responsables de
30 % des cas, résistent à ces vaccins.
Le vaccin n'agit pas sur les lésions constituées,
mais empêche le virus HPV de pénétrer dans les
cellules du col de l'utérus. Pour être efficace il
doit donc être administré avant l'infection.
Cette vaccination s'adresse donc en priorité aux
jeunes filles de moins de 14 ans n'ayant pas encore
eu de rapport sexuel, et n'ayant donc pas eu le
risque d'être infectées par un HPV.
Elle pourrait aussi être proposée aux jeunes filles
et jeunes femmes de 15 à 23 ans n'ayant pas eu de
rapport sexuel, ou au plus tard dans l'année suivant
les premiers rapports.
La vaccination anti-HPV a ses propres
contre-indications, comme toute vaccination. Il n'a
pas été mis en évidence d'effet secondaire majeur.
La vaccination n'est pas un traitement contre le
cancer du col de l'utérus, ni contre les dysplasies.
La vaccination ne se substitue pas au dépistage par
frottis qui doit être maintenu, y compris chez les
femmes vaccinées.
Les mesures de précaution contre les MST, (maladies
sexuellement transmissibles), doivent continuer à
être prises, ainsi bien évidemment que les moyens
contraceptifs.

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