Ligue contre le Cancer
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2016_11_ Congrès mondial de Cancérologie à Paris

Cérémonie d’Ouverture du Congrès mondial contre le cancer

Palais des Congrès de Paris 31 octobre 2016
Allocution d’ouverture
Professeur Jacqueline Godet
Présidente de la Ligue nationale contre le cancer

 Monsieur le Président, Majesté, Monsieur le président d’OnuSida, Monsieur le président de l’Union internationale contre le cancer, Mesdames, Messieurs,  

          Il y a presque cent ans, en 1918, aux lendemains de la Grande Guerre, Justin Godart, alors secrétaire d’Etat à la santé aux armées, constate les ravages du cancer dans les tranchées et derrière les lignes de front auprès des populations civiles presque délaissées de tout soin.
Moins de 5% des personnes atteintes de cancer guérissaient alors.
Justin Godart, humaniste et bienfaiteur, Juste parmi les Nations, constate aussi que le cancer sévissait plus sévèrement chez « les indigents », comme l’on disait à l’époque.
 
Il réunit alors des personnalités de premier plan et dressa les contours d’un plan mondial de lutte contre le cancer.
Pour que ce plan s’appuie sur les vécus et les réalités, pour qu’il irradie les territoires, intéresse et mobilise le plus grand nombre, il crée la Ligue anglofranco-américaine contre le cancer, selon un modèle qui allait préfigurer la plupart des ONG. Celle-ci devint plus tard, la Ligue française contre le cancer que j’ai l’honneur de présider.

Très rapidement, pour renforcer les coopérations internationales, il crée en 1935 l’Union internationale contre le cancer qui est devenue la plus puissante organisation de lutte contre le cancer, à l’origine aujourd’hui de ce Congrès mondial.

En 1918, Justin Godart parlait du cancer comme « d’un fléau social. » C’était un visionnaire ! Nous le savons maintenant et nous le vérifierons une fois encore durant ce Congrès : seule une lutte contre le cancer sur tous les fronts est et sera efficace.

Seule une lutte contre le cancer qui n’oublie personne, ne stigmatise personne, renforce les solidarités et contient les inégalités pour mieux les réduire, en somme, seule une lutte contre le cancer sociétale garantira aux progrès de la recherche et de la médecine, l’impact attendu pour gagner des vies, gagner de la qualité de vie et protéger les populations des risques de cancers.

Beaucoup ignorent que Justin Godart, frappé dans son âme par la cruauté de la guerre, l’injustice des tranchées et du sang versé, la bêtise élevée au rang de stratégie militaire, a créé cette Union internationale en se disant, pas si naïvement que cela, qu’il serait mieux que les Nations et leurs hommes s’unissent avec la même rage et les mêmes moyens financiers et créatifs, dans un combat qui vaille : la lutte contre le cancer.

L’Union internationale contre le cancer a été aussi pensée comme un instrument au service de la Paix, nul ne doit l’oublier. La paix, les militants de la lutte contre le cancer, ici réunis, la trouveront lorsque cette maladie sera éradiquée. Cette perspective peut sembler folle et le défi insurmontable. Mais, nous devons le relever.

Et il y a des conditions à cela :
  - la première, c’est l’union qui, pour cette cause aussi, fait la force ;
  - la seconde, c’est la détermination et la volonté qui doivent être portées par tous les acteurs de la lutte : ils sont nombreux et je ne citerai que ceux qui sont en responsabilité immédiate :

·
les personnalités politiques qui doivent à l’instar de la France notamment, doter leur pays d’un Plan contre le cancer ambitieux, durable, transpartisan, à l’abri des lobbys contraires ou des aléas budgétaires ; votre présence, Monsieur le Président, souligne combien la France attache d’importance à ce combat ;

·
les chercheurs et les soignants qui cherchent, trouvent et proposent les traitements qui vont guérir, identifient les facteurs de risque qu’il convient de combattre ; permettent de bâtir une politique de santé et de soin appropriée,

·
les acteurs économiques et sociaux qui sont des acteurs essentiels du changement de l’image sociale du cancer, les artisans d’un succès collectif,

·
les militants associatifs sans qui rien ne serait possible qui garantissent que l’humain, l’intérêt général et l’intérêt des personnes soient au cœur de toute action,

  -La troisième condition, et c’est à mes yeux l’une des plus importantes, est celle d’associer à toute action de lutte contre le cancer, les personnes malades et leurs proches. Je dirai qu’il convient maintenant, en 2016, et en encore plus qu’auparavant, d’associer toutes les populations cibles des actions de lutte contre le cancer et j’en citerai trois : - les enfants et les jeunes, dans la lutte contre le tabac par exemple, - les populations éloignées de la promotion des dépistages, - et bien sûr, les femmes pour tout ce qui les concerne.

Pourquoi faire des femmes, l’un des enjeux majeurs d’une mobilisation mondiale contre le cancer ?

  - parce que les femmes seront, si l’on ne fait rien, les premières victimes du cancer et une femme frappée par la maladie et c’est toute la structure sociale d’une communauté qui est mise en danger,

  - parce que les femmes, dont certains cancers peuvent être dépistés, échappent trop souvent aux progrès de la médecine et subissent encore trop, parfois, y compris en France, le poids des tabous,

- parce que les femmes enfin, sont dans le monde entier, prescriptrices de santé ; elles sont écoutées ; bien formées, bien informées, bien sensibilisées, elles s’imposent et s’imposeront comme personne centrale dans toute stratégie anti-cancer. Durant ce Congrès, vous verrez combien elles sont au cœur des actions déjà déployées ou prochainement expérimentées.

Pour finir, je voudrais avec gravité, affirmer que nous sommes à un tournant :
Jamais les progrès n’ont été aussi spectaculaires et ouvrent des perspectives inédites tant pour guérir que pour protéger du cancer.
Jamais ces progrès n’ont interrogé avec tant acuité l’éthique de nos sociétés, la performance de nos systèmes de santé et parfois, pour des raisons d’intérêts financiers, notre cohésion sociale et nos solidarités.
Jamais nous n’avons eu autant de leviers pour radicalement faire progresser la lutte contre le cancer sur tous les plans.
Jamais non plus, les alliances se sont avérées aussi nécessaires pour au-delà des frontières ou des conformismes, imaginer des actions inédites, porteuses de sens ou d’efficacité sans équivalent.

L’une de ces alliances est d’ailleurs hôte avec la Ligue, de cette manifestation et porte cette volonté : il s’agit de l’Alliance des Ligues francophones Africaines et Méditerranéennes. Toutes ces alliances donnent du pouvoir aux sociétés civiles, initieront ou densifieront les changements nécessaires. Comme le confirmera dans quelques instants, mon ami le professeur Tezer Kutluk, président de l’Union internationale contre le cancer,

Ce Congrès mondial contre le cancer se doit d’être historique :
·
Parce qu’il sera le siège de coopérations internationales créatives, solidaires, performantes,
·
Parce que ce Congrès réunit des personnalités de premier plan mais aussi ceux qui agissent sur le terrain dans une même volonté d’union radicale,
·
Parce que votre présence, Monsieur le président, prouve que vous continuez à considérer la lutte contre le cancer comme une priorité nationale et, au regard de vos dernières actions lors de certains Sommets, vous considérez la lutte contre le cancer, je le crois, comme devant devenir une priorité internationale,
·
Parce que, Majesté, Altesse, Mesdames, Messieurs les personnalités, ministres, princesses, Madame la Maire, Mesdames, Messieurs les élus, philanthropes, chefs d’entreprise ici présentes le prouvent aussi,

Avec fierté et émotion, en ma qualité d’hôte du Congrès et de présidente de la Ligue contre le cancer, j’ai la conviction que ce Congrès mondial contre le cancer fera date ; il nous armera pour vraiment et durablement gagner de belles victoires contre ce fléau social, cette maladie qu’est le cancer. Je vous remercie.

 

 

Discours du Président de la République

 

Majestés, Mesdames et Messieurs les Ministres, Monsieur le Président de l'Union internationale contre le cancer, Madame la Présidente de la Ligue contre le cancer, Mesdames et Messieurs,

 

Je tenais à être parmi vous ce soir pour l'ouverture de votre congrès parce qu’il porte sur l’un des fléaux que le monde connaît et qui touche tant de familles, tant de femmes, d'hommes et d'enfants. Vous êtes près de trois mille à être venus, représentant 135 pays, 900 organisations. Vous êtes des médecins, des chercheurs, des responsables publics, des organismes privés, mais aussi des malades ou des proches de malades. Tous ensembles, vous mettez en commun votre expérience pour lutter contre le cancer. Je remercie Jacqueline GODET, la présidente de la Ligue nationale contre le cancer, qui a proposé la candidature de Paris car nous voulions, après tant d'années, pouvoir accueillir ce congrès mondial ici à Paris. Je remercie le Président Tezer KUTLUK d'avoir bien voulu choisir notre pays pour ce congrès. Il est vrai qu'il y a une histoire - elle a été rappelée - mais il y a surtout une mobilisation qui fait aujourd’hui que la France veut s'engager pleinement, non seulement pour ses propres malades ou pour prévenir ce fléau qu’est le cancer mais pour agir dans le monde. Chaque année, les chiffres ont été rappelés et ils sont terribles, ce sont 8 millions de personnes qui meurent du cancer. Plus de 14 millions de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année et nous savons d'ores et déjà qu’à l’horizon 2025 il y en aura 19 millions par le simple effet de la croissance démographique. Voilà les chiffres. Je ne veux pas réduire le cancer à des statistiques qui ne seraient là que pour nous alarmer parce qu'il y a aussi des réalités humaines. Aucun pays, aucune population, aucune génération n'est épargné par le cancer et néanmoins - et c'est ce qu'il faut retenir de ce congrès - des progrès considérables ont été accomplis. Hier, les cancers étaient toujours mortels. Aujourd'hui, il est de plus en plus fréquent d’en guérir et l’enjeu n’est donc pas d'en prendre simplement la charge sur le plan médical mais d'accompagner les malades pendant le traitement jusqu'à la guérison, et après la guérison. La façon de soigner le cancer a aussi considérablement évolué avec ce que l'on appelle la médecine personnalisée et le développement de l'analyse génétique des tumeurs. Les stratégies sont donc de plus en plus individualisées. C’est dans cette perspective que nous avons lancé il y a quelques jours le plan génomique qui nous permettra à l'horizon 2025 de répondre à cette exigence de la médecine individualisée. Nous savons aussi - et cela a été rappelé tout à l'heure - que la moitié des cancers pourraient être évités par des actes de prévention, et seulement des actes de prévention ! Les enjeux sont bien connus : il s'agit des comportements à risque - le tabac, l'alcool, l'alimentation, l'exposition au soleil et à tant d'aléas que l'on croit impossible à maîtriser et qui correspondent pourtant aussi à des agents cancérogènes qui se trouvent dans notre environnement - et c'est en ce sens que la lutte contre les pollutions et la lutte contre le cancer se rejoignent. Pour répondre à toutes ces questions - recherche, évolution des traitements, prévention, accompagnement des malades et des familles - la France s'est dotée à partir de 2003, d'un plan cancer. Il réunit tous les acteurs. Il définit des objectifs précis et mobilise des moyens financiers spécifiques. C’est devenu un grand chantier présidentiel. C'est Jacques CHIRAC qui en avait posé les fondements en créant l'Institut national contre le cancer. Puis Nicolas SARKOZY a consolidé et approfondi cette politique. En février 2014, j'ai présenté le 3e plan Cancer autour de trois priorités, parce que j'avais conscience que nous devions évoluer. Prendre en compte l'innovation et la recherche certes, mais aussi donner sa pleine dimension à la prévention. Tel est le cas avec le Programme national contre le tabagisme qui a été mis en œuvre par Marisol TOURAINE. Ce n'est jamais facile, cela se heurte à beaucoup d'obstacles mais cela a été décidé avec la généralisation du paquet neutre. C'est aussi des informations que nous devons donner dès l'école sur un certain nombre de comportements à risques. La prévention, c'est le dépistage qui a été renforcé avec la diffusion de nouveaux tests plus simples à utiliser - je pense aux cancers colorectaux - avec aussi un suivi spécifique mis en place pour les femmes pour le cancer du sein, et avec de nouveaux dépistages généralisés contre le cancer du col de l'utérus. Prévention et dépistage. Première dimension du plan cancer. La deuxième priorité, c'est de préserver la qualité de la vie des personnes pendant et après le cancer. Je pense au droit à l'oubli pour les anciens malades du cancer : nous l’avons enfin reconnu - et je pense que cela peut valoir exemple pour d'autres pays - de façon à ce qu’aucun malade et ancien malade ne puisse être pénalisé, de façon à ce que les employeurs puissent respecter aussi ce qu'est une rémission, une guérison et que les salariés ne puissent pas être discriminés parce qu'ils auraient - ou auraient eu - cette maladie qu’est le cancer. Enfin, la troisième priorité du plan cancer, c'est la recherche. L'accent a été mis sur les moyens qui doivent être consacrés à la médecine personnalisée, celle dont je parlais, individualisée, aussi à la médecine translationnelle, celle qui va de la recherche jusqu’au lit du malade. Et puis la diffusion des découvertes thérapeutiques - je pense notamment à ce que nous puissions permettre aux enfants atteints de cancer d'accéder aux nouveaux traitements dans des unités spécialisées. Les résultats de cette politique sont visibles et c'est en ce sens que le congrès peut permettre de généraliser des expériences. Ainsi les durées de survie et les taux de guérison des patients sont en France parmi les plus élevés du monde. 60% des cancers sont guéris ; il y a 10 ans, c'était 50%. Je veux remercier les équipes de recherche - vous savez que nous sommes au 4e rang mondial pour les publications dans les revues d'excellence dans le domaine des cancers - mais aussi la mobilisation de toute la société, et en particulier des Associations. Mais en même temps, je mesure que ces résultats ne peuvent pas être suffisants et que notre vigilance doit être permanente en France, en Europe et dans le monde. La France participe donc aux programmes internationaux contre le cancer : en Europe, elle fait partie des 19 Nations membres du programme européen de recherche qu'on appelle TRANSCAN. Au niveau mondial, nous contribuons au programme Cancer Génome Consortium pour justement faire en sorte que nous puissions avoir l'analyse de tous les types ou sous-types de cancers. Enfin et cela a été dit, et je remercie ici les pays qui représentent la francophonie, nous avons un devoir avec notre politique de coopération en Afrique pour lutter contre le cancer. C'est ce que nous avons mis en place avec l'Alliance, ce premier réseau de lutte contre le cancer en Afrique francophone et qui associe le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Sénégal, Madagascar et tant d'autres et qui réunit dans cette alliance des virologues, des oncologues, des pathologistes et des épidémiologistes, soutenue par l'OMS. Nous savons que comme souvent, ce sont les plus pauvres qui sont les plus nombreux à être victimes des fléaux - cela vaut pour le cancer comme pour d'autres maladies, y compris même pour les catastrophes. Alors nous devons regarder ce qui se passe en Afrique - cela a été dit par rapport au sida – 600.000 cas de cancers sont déclarés chaque année et parmi les personnes touchées, 500.000 meurent. Voilà ce que signifie l’injustice : être touché par la maladie - plus souvent qu'ailleurs - et en mourir. Donc l'enjeu - et je remercie monsieur SIDIBE de l'avoir rappelé - c'est l'accès aux soins et aux médicaments les plus innovants. Pour la France, c'est un enjeu planétaire ; c'est un élément de justice mais c'est aussi une revendication de droits de l'Homme, une affirmation de dignité. Comment accepter qu'il y ait des hommes et des femmes qui soient soignés et d'autres pas ? Comment imaginer un monde où nous savons qu'il y a des médicaments qui permettent de guérir et des populations qui ne pourront jamais y accéder pour des raisons de prix ? Alors la France a voulu prendre une initiative pour que nous puissions faciliter la diffusion des innovations, pour que nous puissions généraliser l’accès aux nouveaux traitements et améliorer les prises en charge. La France a voulu que cette question du coût des traitements puisse être examinée lors de la réunion des ministres de la Santé de l'OCDE. Ce sera la première fois depuis 2010 qu’il y aura une réunion à ce niveau pour traiter de ce sujet. Il y a beaucoup d'attentes par rapport à ce rendez vous et vous venez de le confirmer. Attente des malades, attente des associations, attente des acteurs de la santé. Vous avez, Madame la Présidente, évoqué le rôle des femmes d'abord parce que les femmes sont les premières victimes des cancers ; ensuite parce que les femmes sont victimes des inégalités d'accès à la prévention, au traitement et au dépistage. Enfin parce que les femmes sont les premiers relais des politiques de santé publique dans toutes les sociétés du monde, développées ou émergentes. Donc c'est une évidence que de mettre les femmes au cœur des stratégies de lutte contre le cancer ; et c'est ce que votre congrès va réaffirmer aujourd'hui. Mesdames et Messieurs, j'en termine ; il y a des grands combats que l'on peut mener au plan planétaire. Parfois, il faut du temps pour qu'ils puissent aboutir à des résultats, des dénouements, à des accords. Souvenons-nous de l'obstination qu'il a fallu mettre et de la ténacité qui a été la nôtre pour qu’à Paris, en décembre dernier, il y ait la signature de l'accord sur le climat. Beaucoup n'imaginaient pas que nous puissions mettre tous les pays du monde en situation d'accepter cet accord avec des engagements précis et avec des contraintes qui pèseront sur tous les choix publics, qui ne sont d'ailleurs pas des contraintes, qui sont des leviers pour le développement, avec des financements qui ont été dégagés. Jamais personne n'avait pensé qu'une fois l'accord de Paris proclamé, il puisse être ratifié d'ici la fin de l'année. A Marrakech pour la COP 22 qui va être organisée par le Maroc, il ne s'agira pas de regarder ce que nous pouvons faire pour mettre en œuvre l'accord sur le climat : Marrakech, ce sera la mise en œuvre concrète de cet accord puisqu’il est maintenant applicable. Et bien quand il s’agit de l'accès aux médicaments, de la lutte contre les grands fléaux et notamment le cancer, nous pouvons également avoir la même espérance et la même volonté. Unir le monde pour qu'il puisse bâtir un modèle de développement respectueux : respectueux des droits de la personne humaine. C’est ce que vous avez voulu faire pour le cancer lors de votre congrès. Bien sûr, ce sont les gouvernements, les institutions publiques qui sont les premiers concernés et qui doivent prendre leur part de responsabilité en y consacrant les moyens et les ressources financières nécessaires. Mais ce sont aussi les grandes organisations - elles sont représentées ici, je les salue - ce sont aussi les sociétés elles-mêmes parce que ce qui est en cause, ce n'est pas simplement le coût en euros, en dollars ou en je ne sais quelle monnaie, c'est d'abord les années de vie disparues, les familles endeuillées, les jeunesses abrégées : voilà ce qui coûte le plus cher et qui ne s'exprime pas en argent mais en vies. Je veux saluer tous les chercheurs, tous les scientifiques, tous les médecins, toutes celles et tous ceux qui contribuent à repousser les limites de la connaissance, qui arrivent à mieux connaître encore les causes des cancers et à les traiter. C'est le combat, c'est vrai, de la médecine depuis toujours que de développer des traitements de plus en plus précis, adaptés, personnalisés pour chaque malade. C'est le combat de la société que d’éviter des comportements qui peuvent nous mettre en danger. C'est le combat aussi d'une société, de toutes les sociétés que d’apporter de la dignité aux malades et à ceux qui sont guéris. Voilà, Mesdames et Messieurs, le sens de ce que vous faites ici : grande cause, la lutte contre le cancer, grand espoir aussi, grandes responsabilités. Et c'est toujours le même principe : est-ce que l'on veut la justice, est-ce que l'on veut l'égalité, est-ce que l'on veut donner des droits à tout être humain où qu'il vive sur quel que continent que ce soit ? Voilà, cette question engage le monde ; c'est une question qui relève effectivement de la paix. Nous avons en face de nous, des menaces - nous les connaissons - la France a été frappée par le terrorisme comme d'autres pays ici représentés. Nous savons les dangers mais chaque fois que nous luttons contre les inégalités, chaque fois que nous faisons progresser la science, le progrès, la recherche, chaque fois que nous donnons espoir à des populations, à des familles pour être protégées des fléaux et pour beaucoup d'être guéries, alors nous faisons triompher la vie, nous faisons triompher les valeurs qui sont les nôtres, nous faisons avancer l'humanité. Merci.

 

   

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Professeur Jacqueline GODET
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François HOLLANDE
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