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2013_11_ Les cancérologues en colère
Progrès de Lyon Sylvie Montaron, 6 et 7 novembre 2013

Les cancérologues se sont réunis deux jours à Lyon les 6 et 7 novembre 2013, dans l'attente du 3e plan cancer et sur fond d'interrogations sur le plan économique.

Déçus par le projet de loi de financement de la sécu, inquiets sur le flou autour du futur plan cancer, ils dénoncent l'immobilisme français.

« Ce qui m'exaspère, c'est que rien ne bouge ! » Avec Josy Reiffers, président d'Unicancer qui regroupe les 20 centres de lutte contre le cancer, plusieurs cancérologues ont exprimé leur colère, aux 6es Rencontres de la cancérologie française, hier mercredi à Lyon. « Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2014 est une énorme déception. Si des mesures ne sont pas prises rapidement nous risquons d'être budgétairement morts », estime Josy Reiffers.

« Opacité »
Quant au 3' plan cancer, qui a été annoncé par le président de la République en décembre 2012 lors du Congrès de l'InCa, et qui devrait être confirmé le 4 février 2014, il suscite « d'énormes inquiétudes ».
Depuis la remise des recommandations du Pr Vernant, en juillet, « c'est le flou complet ! La seule mesure annoncée va à contresens de l'évolution actuelle », déplore le Pr Reiffers. Il s'agit de la suppression d'une formation en cancérologie pour les spécialistes d'organes (pneumologue, gastro-entérologue...).
Mais selon Serge Uzan (AP-HP), face à la bronca déclenchée par ce projet, le ministère de l'Enseignement supérieur serait sur le point de reculer.

« Il n'y a jamais eu une opacité pareille. Cinq groupes de travail ont été mis en place et on n'a jamais réussi à savoir sur quoi ils travaillent », s'emporte Gérard Parmentier, secrétaire national de l'Union nationale de l'hospitalisation privée de cancérologie.

Quant à l'auteur du rapport, le Pr Jean-Paul Vernant (AP-HP), il souligne qu'il a fait des
« propositions concrètes » : arrêter l'exclusivité du financement à l'activité dans les établissements, intégrer le médecin traitant au parcours de soin...
« Je n'aimerais pas que le plan ne soit qu'une somme de vœux pieux », raille l'hématologue.

Concernant le prix des nouvelles molécules, le Pr Vernant appelle à « mettre la pression » sur les fabricants et à « remettre complètement en question » la fixation des prix.
« En Angleterre, les autorités ne remboursent plus les médicaments de 2' ou 3e génération dans la leucémie myéloïde chronique. Si un patient ne peut pas se les payer, il meurt. Nous risquons d'en arriver là si nous ne changeons pas », estime le Pr Vernant.


Quels sont les critères de choix pour un traitement du cancer ?
Pas moins d'un économiste, un expert de santé publique, un cancérologue, un sociologue et un patient débattront sur ce thème inscrit au programme des Rencontres de la Cancérologie, qui se sont ouvertes à Lyon.
« Sur le plan médico-scientifique, il y a trois grandes questions à se poser », explique le Dr Véronique Trillet-Lenoir, présidente de ces Rencontres.
En premier lieu
: est-ce que la maladie est à un stade localisé — auquel cas les traitements locaux, chirurgie et radiothérapie sont privilégiés — ou est-elle généralisée — nécessitant alors une chimiothérapie large.
Ensuite, « la plupart des décisions reposent sur les recommandations des référentiels qui sont au minimum nationaux mais en majorité internationaux et sont basés sur les résultats des essais cliniques », explique le Dr Trillet-Lenoir.
Si ces référentiels n'existent pas, la question se pose d'intégrer le patient dans un essai clinique. Les patients sont très demandeurs, notamment les « multitraités » en échec thérapeutique. Augmenter le nombre d'inclusions dans des essais, notamment des
patients âgés fait d'ailleurs partie des recommandations du rapport Vernant pour le 3e plan cancer.

Troisième critère pris en compte dans le choix du traitement : sa personnalisation en fonction de l'individu.
« On essaie de respecter au mieux les choix psycho-socio-culturels », souligne l'oncologue. Ainsi, les personnes âgées pensent souvent que les piqûres, c'est « plus actif » que les comprimés de chimiothérapie.
Certains malades ne veulent surtout pas perdre leurs cheveux, d'autres dormir à l'hôpital... La prise en charge ambulatoire est alors la mieux adaptée à ces patients. Mais leur intérêt n'est pas celui de l'hôpital : la tarification à l'activité incite au contraire à garder les malades.


Une chimiothérapie en intraveineuse est ainsi plus « rentable » qu'une chimiothérapie médicamenteuse pour laquelle le cancérologue devra prendre du temps pour expliquer au malade comment prendre son traitement. Un temps médical qui ne rapporte pas.

Le rapport Vernant plaide ainsi pour revaloriser ces longues consultations. Mais il soulève surtout la nécessité de « repenser d'emblée les rapports hôpital-ville » car l'organisation du système de santé français très « hospitalo centré » reste le frein essentiel au développement de l'ambulatoire en cancérologie alors que Unicancer (groupe des centres de lutte contre le cancer) estime que la chirurgie en ambulatoire devra plus que doubler d'ici 2020.

Polémique sur les prix
La question du coût des médicaments innovants reste polémique, certains atteignant un prix « presque immoral », a jugé Jean-Paul Vernant, auteur du rapport « Recommandations pour un 3e plan cancer », mardi dans La Croix.
Présidente des Rencontres de la cancérologie, Véronique Trillet-Lenoir cite ainsi le cas d'un traitement contre le mélanome atteignant 80 000 € au départ.
Mais la cancérologue du CHU de Lyon relativise aussi cette question, estimant qu'on ne peut pas demander à des laboratoires « ayant investi pendant 15 ans de ne pas avoir un retour sur investissement. »
« Ce qui coûte cher, c'est de mal utiliser un traitement.
Compter ce que coûtent les médicaments, c'est simple.
Mais les dépenses en personnels, les ambulances, le coût des gens qui ne travaillent pas... sont certainement bien supérieurs pour la société », souligne-t-elle. À titre d'exemple, c'est le transport en ambulance du malade tous les jours qui coûte le plus cher dans un traitement de radiothérapie mais cela reste moins cher que de le garder à l'hôpital.

Sylvie MONTARON Progrès de Lyon 6 et 7 novembre 2013

   

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Dr Véronique TRILLET-LENOIR
Présidente des Rencontres de la  Cancérologie

 

 

Le Président HOLLANDE
annonce le 3ème Plan Cancer
(décembre 2012)

 

 

 

Pr Jean-Paul VERNANT
auteur du rapport
sur le 3ème Plan Cancer