Ligue contre le Cancer
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2013_07_ Interview du Professeur Alain PUISIEUX

 
COMMENT LES CELLULES CANCÉREUSES DÉJOUENT-ELLES LE SYSTÈME DE PROTECTION DE L'ORGANISME ?
Constituées de cellules anormales, les tumeurs se développent et survivent en déjouant différents systèmes qui protègent notre organisme et l'intégrité de notre ADN. Les recherches d'Alain Puisieux font progresser les connaissances dans ce domaine et ouvrent de nouveaux champs thérapeutiques.

Vingt millions ! C'est le nombre de divisions cellulaires dont notre organisme est le siège... toutes les secondes ! Malgré une régulation et un contrôle extrêmement rigoureux, ce processus intensif peut connaître des ratés, avec à la clé la production de cellules mutées dont le développement pourrait constituer un véritable péril. Si ces cellules mutées se révèlent non réparables, certains mécanismes de sauvegarde leur ordonnent de se suicider. Toutefois, ces systèmes qui nous protègent se révèlent parfois inopérants, les cellules précancéreuses ou cancéreuses trouvant les moyens de les contrer.

INTERVIEW de Professeur Alain PUISIEUX (Vivre juin 2013, N° 358, 24_25)

Directeur du Centre de recherche en cancérologie de Lyon (CRCL, UMR CNRS 5286 — Inserm U 1052), co-chef d'équipe « Échappement aux systèmes de sauvegarde et plasticité cellulaire », située au Centre Léon Bérard de Lyon (69)

« Pouvoir éliminer les cellules ayant subi une transformation embryonnaire pourrait nous permettre de combattre des cancers très agressifs. »

VIVRE : Quels facteurs entrent en jeu dans cet « échappement » des cellules malignes ?
Alain PUISIEUX : Dans certains cancers, le gène p53, qui a pour fonction de commander la mort des cellules anormales, est muté et perd de son efficacité. Mais ce n'est pas le cas dans tous les cancers : d'autres mécanismes peuvent entrer en jeu. Nous avons découvert qu'une famille de facteurs de transcription - des « signaux » provenant de l'ADN cellulaire normalement actifs uniquement lors de la formation de l'embryon, sont réactivés au début du processus de cancérisation et peuvent inhiber les mécanismes de sauvegarde cellulaire. Ces facteurs permettent la transformation de cellules épithéliales normales, bien serrées entre elles comme celle de la peau adulte, en cellules dites « mésenchymateuses ».

VIVRE : Comment ces cellules mésenchymateuses favorisent-elles le développement de cancers ?
Alain PUISIEUX : En tant que cellules souches*, elles peuvent se différencier - ou se
spécialiser - en plusieurs sortes de cellules : de tissu adipeux, de cartilage, d'os..., et se déplacer facilement. Au stade embryonnaire, elles posent les bases de la constitution de la plupart des organes ! Mais dans un contexte de formation d'un cancer, ces caractéristiques deviennent destructrices pour l'organisme.
Plus adaptables à leur environnement et plus mobiles, ces cellules « dé-différenciées » vont non seulement pouvoir croître sous forme de tumeur, mais aussi acquérir des propriétés d'invasion qui vont favoriser la dissémination de métastases dans l'organisme.

VIVRE : Ces découvertes permettent-elles d'envisager une nouvelle approche de lutte contre le cancer ?
Alain PUISIEUX : Nous estimons que cette réactivation concerne environ 20 % des cancers du sein et du poumon, mais aussi certaines tumeurs du foie et cancers pédiatriques. Il est très difficile d'envisager une molécule thérapeutique ciblant
directement les facteurs de transcription embryonnaire, car ceux-ci se trouvent non pas à la surface mais dans le noyau des cellules. En revanche, nous pouvons trouver un moyen de cibler les cellules ayant subi cette transformation en nous servant de ces facteurs de transcription comme marqueurs.

VIVRE : Comment la Ligue contre le cancer soutient-elle vos recherches ?
Alain PUISIEUX : L'investissement de la Ligue est d'une importance majeure pour nos travaux. Depuis que notre équipe a été labellisée par la Ligue en 2009, nous recevons de sa part un soutien annuel capital pour la poursuite de nos recherches. Avant cette reconnaissance nationale, nous avions déjà été aidés pendant plusieurs années par le Comité départemental de la Ligue de l'Ain.

(* Cellule souche . cellule qui, en se divisant, est capable de produire différents types de cellules plus spécialisées.)

Mini Biographie du Pr Alain PUISIEUX

1988: pendant son internat de pharmacie, il se consacre un an à la recherche à l'Institut Gustave Roussy (IGR) de Villejuif.
Il écrit sa thèse de doctorat sur la protéine p53 au Massachusetts General Hospital de Boston, aux États-Unis.
1992: il revient en France et crée avec Mehmet Ozturk le laboratoire d'oncologie moléculaire au Centre Léon Bérard de Lyon.
2003: il est nommé directeur de l'unité Inserm U590 « Oncogenèse et progression tumorale ».
2009: il est nommé membre titulaire de l'Académie nationale de pharmacie.
Depuis 2011: il dirige le Centre de recherche en cancérologie de Lyon (CRCL), tout en assurant des enseignements de biochimie à la faculté de pharmacie de Lyon.

 

   

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