Ligue contre le Cancer
Comité de l'Ain

 

56 Rue Bourgmayer
Bourg en Bresse 01

Tél:  04 74 22 58 96
  
www.liguecancer01.net

               

Chercher

   

   
Actualités  
A la une
Dernières actualités
Les dossiers
Agenda
   
Le Comité de l'Ain  
Son organisation
Ses résultats
Les Délégations cantonales
La vie des Délégations
Nous contacter
   
Nos missions  
Soutenir la recherche
Les dépistages
Prévention Information
L'aide aux malades
   
Comment nous aider  
Faites un don
Devenez bénévole
Devenez partenaire
Faites un legs
   
Informations utiles  
Avez vous une question ?
Documentations
Adresses et liens locaux
La Ligue et le cancer
Cancer Info Service
   
   
 
      Les actualités du Comité de l'Ain  

 

 

 

 

Retour à la liste des actualités

2011_2 . Un chien flaire les cancers prostatiques
Dr Guy Benzadon. Quotidien du Médecin, 31 janvier 2011, N° 8896, page 4.
European Urology 59 (2011) : 197-201

            Des urologues français ont pu confirmer des cancers de la prostate en faisant appel à un chien spécifiquement dressé pour identifier les composés organiques volatils de la tumeur dans les urines de patients.
L'animal obtient plus de 90 % de bons résultats.

« La preuve de principe présentée ici constitue un pas en avant et fournit le début, plutôt que la fin, de l'histoire », écrivent Olivier Cussenot et son équipe de l'hôpital Tenon (Paris).

L'histoire dont il est question rapporte la détection de cancers de la prostate par un chien spécialement entraîné à renifler les urines.
Les excellentes performances de ce berger belge malinois justifient que les urologues parisiens évoquent les prémices d'une voie de recherche.
Le travail, de longue haleine, est né de plusieurs constats. En premier lieu, même si le dosage du PSA constitue l'outil de détection universel du cancer prostatique, il manque de spécificité. La quête d'autres biomarqueurs est active. Et, parmi eux, des composés organiques volatils (COV) ont été suggérés, dont la sarcosine, indicateur d'agressivité de ces tumeurs malignes.
C'est ici qu'interviennent les chiens, puisqu'ils ont déjà montré des dispositions à identifier, dans les urines, des cancers du poumon, de la vessie ou du sein... avec des fortunes diverses.
L'idée de l'équipe parisienne a donc été d'identifier ces COV grâce à un animal spécifiquement préparé.

Renifler six flacons d'urine.
Des parcours tests ont été réalisés par le chien, en double aveugle, sur des urines de
66 patients. Tous avaient été adressés en consultation pour élévation du PSA ou un toucher rectal anormal, ils avaient subi une biopsie prostatique.
Une moitié de la cohorte montrait un prélèvement positif, l'autre moitié était considérée comme indemne.

Le chien effectuait plusieurs parcours.
À chaque reprise, il devait renifler six flacons d'urine (5 témoins, 1 cancer) à travers une ouverture dans une boîte. Il restait 30 secondes devant chaque échantillon et était dressé à s'asseoir devant le flacon que son odorat lui indiquait comme positif. À la fin des multiples parcours, le chien a identifié 30 des 33 échantillons positifs.
Il a également jugé comme cancéreuses trois urines de témoins. Après nouvelle biopsie, l'un de ces trois patients était effectivement porteur d'une tumeur maligne.

Sensibilité et la spécificité de la méthode
Jean-Nicolas Cornu et coll. établissent ainsi la sensibilité et la spécificité de la méthode à 91 %. Ils ajoutent que la force de leur travail, par rapport à d'autres études, repose sur l'entraînement de type professionnel de l'animal.
Une préparation réalisée par une équipe dédiée, sur un chien formé uniquement à cette recherche.
Le travail français reflète bien l'existence d'une signature odoriférante du cancer de la prostate. Elle correspondrait à un ou plusieurs métabolomes.
Pour l'instant non connus, ils pourraient être déterminés par chromatographie ou spectrométrie.

Critiques de l'étude
Par son côté très expérimental, ce travail montre quelques faiblesses.
Parmi elles, des résultats obtenus avec un seul chien, dont la race peut influer sur le flair. Les patients avaient tous plus de 50 ans.
Les témoins, considérés comme négatifs, avaient un PSA à 8,3 ± 4,1, ce qui laisse supposer statistiquement que de 20 à 30 % d'entre eux étaient atteints d'un cancer prostatique.
Des biais dans la détection d'odeurs (d'origine alimentaire) n'ont pas été déterminés.
Ce qui n'empêche pas les auteurs de conclure, à juste titre, que « cette étude ouvre la porte à la détection des COV dans le dépistage des cancers de la prostate ».

Seize mois de dressage
Le berger belge malinois recruté pour la détection des cancers de la prostate est issu d'un lot de chiots destinés à la détection d'explosifs dans l'armée française.
Il a été entraîné par la méthode du clicker, où un bruit (« clic-clac ») est suivi d'une récompense. L'apprentissage a été fait sur 42 échantillons (dont 16 témoins), il recevait sa balle à chaque « bonne réponse ».
Deux dresseurs se sont occupés de lui 5 jours par semaine, d'octobre 2007 à juin 2010, mais la période d'entraînement spécifique sur les urines a duré 16 mois. Il a appris à s'asseoir devant les échantillons jugés positifs.

Dr Guy Benzadon. Quotidien du Médecin, 31 janvier 2011, N° 8896, page 4

   

Actualité choisie par votre Comité de l'Ain