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Cancer du col de l'utérus
:vers un dépistage organisé et gratuit?
Après les dépistages généralisés des cancer du sein
et du colon, celui du col de l'utérus pourrait lui
aussi devenir systématique.
Objectif : enrayer cette maladie qui touche 3000
femmes par an.
Après le cancer du sein et le cancer colorectal, la
Haute Autorité de santé (HAS) recommande aux
pouvoirs publics une organisation nationale du
dépistage du cancer du col de l'utérus, qui touche
chaque année en France 3 000 nouvelles femmes et en
tue plus de 1 000.
« Toutes les femmes de 25 à 65 ans doivent avoir
un frottis tous les 3 ans », a déclaré lundi à
la presse Cédric Grouchka, membre du Collège de la
HAS. Soit 17,5 millions de femmes concernées.
« C'est un cancer dont on peut changer l'histoire
»
Le cancer du col de l'utérus est majoritairement
d'origine virale et touche la femme jeune, avec un
pic à 40 ans.
C'est un cancer d'évolution lente, « dont on peut
changer l'histoire », a souligné le président de
l'INCa, l'Institut national du cancer, Dominique
Maraninchi.
Le frottis cervico-utérin consiste à prélever, lors
d'un examen gynécologique, des cellules du col de
l'utérus qui sont ensuite analysées en laboratoire.
Il permet de détecter les lésions précancéreuses et
cancéreuses.
Plus de 6 millions de frottis sont effectués chaque
année dans le cadre du dépistage individuel, réalisé
essentiellement par des gynécologues, mais aussi des
généralistes et des sages-femmes.
La HAS recommande de s'appuyer sur ce « socle »
existant, mais « de passer à une vitesse supérieure
», le dépistage spontané ayant« atteint ses limites
». Le taux de dépistage du cancer du col de l'utérus
« stagne » sous la barre des 60 %, alors que la loi
de santé publique fixe un objectif de 80 %.
« L'offre de prélèvement est très insuffisante en
France », a déclaré Stéphanie Barré (HAS). La
HAS recommande « une implication plus forte des
généralistes » et autres structures existantes
(laboratoires de biologie médicale, PMI...), ainsi
qu'un élargissement aux infirmiers (ères).
Elle pointe également, dans le dépistage individuel,
« des disparités géographiques et
socio-économiques importantes » et « des inégalités
dans la qualité du frottis ». « 50 % des femmes qui
devraient être dépistées ne le sont pas, alors que
40 % le sont trop », a souligné le Dr Grouchka.
La HAS recommande, pour toutes les femmes de la
population cible n'ayant pas été dépistées dans les
3 années précédentes, l'envoi d'un courrier
personnalisé les incitant à le faire. Pour les plus
défavorisées, elle préconise une réflexion sur la
gratuité des tests. La HAS insiste sur la nécessité
d'une « amélioration de la qualité du dépistage
» et rappelle qu'un surdépistage avec « des
interventions inutiles » comporte des risques
pour les futures grossesses (prématurité). Le
dépistage organisé du cancer du col de l'utérus est
déjà expérimenté dans 13 départements. L' Alsace,
avec ses deux départements pilote, affiche un taux
de couverture de 86 %.
Deux cancers font aujourd'hui l'objet d'un dépistage
organisé et gratuit en France, le cancer du sein (le
dépistage est offert à toutes les femmes de 50 à 74
ans depuis 2004), et le cancer colorectal (dépistage
généralisé depuis 2008 pour les hommes et les femmes
de 50 à 74 ans).
La vaccination chez les jeunes femmes est
efficace:
Deux vaccins ciblant les types de papillomavirus
impliqués dans 70 % des cancers du col de l'utérus
sont en effet disponibles en France (Gardasil®
de Sanofi Pasteur MSD et Cervarix®
de GlaxoSmithKline).
Ils s'adressent aux adolescentes et jeunes femmes
âgées de 14 à 23 ans qui n'auraient pas encore eu de
rapports sexuels. « Dépistage et vaccination sont
deux stratégies complémentaires », a indiqué Dr
Grouchka, soulignant qu'à ce stade la HAS continue
de recommander le dépistage pour toutes les femmes
"vaccinées ou non".
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