|
Lyon : Comment améliorer la
prise en charge du cancer .
Les Rencontres de la Cancérologie Française les
4 et 5 novembre 2010 à Lyon, vont se pencher sur les
défis à relever pour des traitements équitables et
personnalisés
De plus en plus de malades,
mortalité en baisse
358 000 malades devraient se voir diagnostiquer un
cancer en 2010 en France soit 12 % de hausse par
rapport à 2005. Le nombre de décès est estimé à 147
000 pour 2010 contre 146 000 en 2005 (+0,5%). Depuis
2004, le cancer est la première cause de mortalité
avec un décès sur trois dus à cette maladie. Mais la
baisse des taux de mortalité pour 100 000 habitants
s'est accéléré ces dix dernières années (-16 % chez
les hommes, -8 % chez les femmes).
Les taux de survie progressent mais sont
disparates
Plus de la moitié des nouveaux malades seront encore
en vie dans cinq ans, selon l'Institut national du
cancer (Inca). Mais, ce chiffre cache de grandes
disparités selon le type de cancer, allant d'une
survie à 5 ans inférieure de 20 % pour un cancer du
pancréas à plus de 80 % pour un cancer de la
prostate. Et si la France est la mieux placée en
Europe pour la survie du cancer colo rectal (e
mondiale), elle n'est que 3' pour le cancer du sein,
nos voisins ayant enregistré une baisse de la
mortalité plus importante pour ce cancer ces 17
dernières armées.
Des inégalités difficiles à corriger
On a plus de risques de mourir d'un cancer si l'on
est un homme, ouvrier et habitant le nord de la
France.
Réduire ces inégalités socio-économiques et
géographiques est l'un des axes du plan Cancer II
comme « l'excellence des soins ».
Mais le plan ne précise pas les moyens financiers
mis en œuvre pour y parvenir.
De petits services, notamment de chirurgie vont
fermer car ils n'ont pas assez d'activité. « Il
est urgent de regrouper les énergies sur des sites
qualifiés disposant de tous les moyens performants.
Il faut aussi développer la télémédecine, que le
médecin vienne au malade. A Lyon, nous le faisons
tous les jours avec Givors, Vienne, Valence... pour
échanger sur des problèmes, des protocoles de
chimiothérapie...», explique le Dr Véronique
Trillet-Lenoir, cancérologue au CHU de Lyon.
Vers des traitements non uniformes
Améliorer les chances d'un malade, c'est aussi lui
offrir un traitement personnalisé.
« La chimiothérapie bête qui fait plein de
dégâts, c'est fini. Aujourd'hui, nous avons des
médicaments inhibiteurs de telle ou telle molécule.
Au plan génétique, nous sommes capables d'identifier
les risques. Nous pouvons voir aussi comment un
patient assimile et élimine tel ou tel type de
médicament. Nous devons aussi veiller à adapter la
prise en charge psychosociale à chaque profil »,
explique le Dr Trillet¬Lenoir.
35 expériences pilotes de « parcours personnalisé
des patients pendant et après le cancer » sont
en cours notamment à Lyon et Saint-Etienne.
Sylvie Montaron. Le Progrès de Lyon, 4 novembre
2010.
Des thérapies innovantes et performantes mais
très coûteuses
Les nouvelles thérapies innovantes coûtent très cher
et plus elles sont ciblées, plus elles sont chères.
Il y a un an, le président du Comité économique des
produits de santé estimait que les médicaments
avaient atteint un coût qu'il serait «
déraisonnable de dépasser ».
Dans un contexte de limite des dépenses de santé,
les cancérologues sont inquiets d'une éventuelle
menace sur la prise en charge de ces thérapies.
« Le médicament, c'est ce qui se voit le plus,
donc c'est ce qui est le plus facile à baisser »,explique
le Dr Véronique Trillet-Lenoir, président du Conseil
national de cancérologie, tout en soulignant le
efforts faits aujourd'hui par les cancérologues pour
prescrire à bon escient et aux malade qui en ont
réellement besoin ces médicaments.
BONNES NOUVELLES
> Cancer de l'ovaire
Le 5e cancer féminin avec 4 000 nouveaux cas par an
est très difficile à soigner avec la chirurgie et la
chimiothérapie. Selon une étude, dans le cas d'une
tumeur avancée, lorsqu'un anticorps, l'Avastin, est
associé à la chimiothérapie en traitement d'attaque
puis utilisé seul en traitement d'entretien, les
taux de survie sans progression de la maladie
augmentent de 39 %.
> Cancers de la peau
Un nouvel anticorps, le Ipilimumab, qui stimule le
système immunitaire, a montré un gain de survie de
plusieurs mois sur des patients inopérables ayant un
mélanome malin.
> Cancer du poumon
Une étude menée au CHU de Strasbourg a montré que
chez les patients âgés de plus de 70 ans, la
combinaison de deux chimiothérapies améliorait la
survie par rapport à l'utilisation d'une seule
chimiothérapie.
> Cancer de la prostate
Dans les cas de cancer localisé et avancé, combiner
radiothérapie à et traitement hormonal réduit de 43
% le risque de mortalité.
Le Progrès de Lyon, 4 novembre 2010
 |