|
Plusieurs résultats
encourageants ont été présentés à Chicago, au plus
grand congrès mondial de cancérologie.
Des chercheurs lyonnais ont participé à certaines de
ces études.
La plus grande conférence mondiale sur le cancer de
l'ASCO (American society of clinical oncology) - 48
000 inscrits - s'est achevée mardi à Chicago sur une
note d'optimisme après plusieurs annonces de
résultats encourageants. Ces résultats ont notamment
confirmé les espoirs placés dans les thérapies
ciblées en particulier pour certains cancers rie
mauvais pronostic.
Ces nouveaux médicaments utilisent des molécules
ciblant des protéines ou des récepteurs particuliers
responsables de la prolifération des cellules
cancéreuses.
Lymphome folliculaire : « Un traitement pour
aider les patients à bien vivre »
L'étude sur le lymphome folliculaire, pilotée par le
Pr Gilles Salles, hématologue aux Hospices Civils de
Lyon, était l'une des plus attendues du congrès-
« C'est le 2eme lymphome le plus fréquent et on ne
sait pas le guérir. L'espérance de vie est d'une
quinzaine d'années. Il y a des ,traitements puis des
rechutes qui au fil du temps sont de plus en plus
fréquentes », explique le Pr Salles.
L'étude, menée sur 1217 patients dans 25 pays, a
consisté à donner à certains patients le Rituximab,
un anticorps, en traitement d'entretien.
« Au bout de 2 ans, 82 % des patients ainsi traités
n'avaient pas fait de rechute.
En fait, cela signifie que le risque de rechute
diminue de 50 %. Les bénéfices sont donc très
significatifs. De plus, il y a une très bonne
tolérance du traitement et peu d'effets secondaires
graves. Ce traitement d'entretien va aider les
patients à bien vivre et permet une prise en compte
du caractère chronique de la maladie. Pour
l'instant, on n'a pas encore le recul suffisant mais
l'objectif est aussi qu'il augmente l'espérance de
vie », explique le Pr Salles.
Cancer de l'ovaire : une molécule pour bloquer la
progression des tumeurs avancées
Diagnostiqué souvent tardivement, le 5eme cancer
féminin (4 000 nouveaux cas annuels) est très
difficile à soigner avec la chirurgie et la
chimiothérapie.
Une étude - à laquelle a participé le Dr Isabelle
Ray Coquard, du Centre de lutte contre le Cancer
Léon-Bérard à Lyon, chercheur dont les travaux sont
soutenu par le Comité de l'Ain - a montré que,
dans le cas d'une tumeur avancée, lorsqu'un
anticorps, l'Avastin, est associé avec la
chimiothérapie en traitement d'attaque puis utilisé
seul en traitement d'entretien, les taux de survie
sans progression de la maladie augmentent de 39 %.
Ce médicament asphyxie la tumeur en bloquant la
formation de nouveaux vaisseaux sanguins qui lui
permettraient de se développer.
Cancers de la peau : première étude positive
depuis longtemps
Le mélanome malin, dont l'incidence explose depuis
ans, est le plus grave des cancers de la peau.
Depuis une vingtaine d'années, les médecins
disposent de très peu de nouvelles thérapies pour
combattre les mélanomes métastatiques. Pour la
première fois, un nouvel anticorps, le Ipilimumab,
qui stimule le système immunitaire, a montré un net
gain survie sur des patients inopérables. Les
patients traités avec cet anticorps ont survécu
moyenne 10 mois contre mois et demi pour les autres
patients.
Cancer du poumon : deux chimiothérapies pour les
seniors
Une étude menée au CHU Strasbourg a montré que
cl-les patients âgés de plus de ans atteints d'un
cancer poumon, la combinaison deux chimiothérapies
améliorait la survie par rapport l'utilisation d'une
seule chimiothérapie. Il s'agit de la première étude
entièrement dédiée aux personnes âgées.
Cancer de la prostate : ajouter de la
radiothérapie à l'hormonothérapie
Une étude a montré que dans les cas de cancer
localisé avancé de la prostate, combiner la
radiothérapie à un traitement hormonal permettrait
de réduire de 43 % le risque de mortalité.
Questions au Pr Sylvie Négrier
Directrice du Centre régional de lutte contre le
cancer Léon-Bérard à Lyon
> Une quarantaine de présentations auxquelles
ont participé des équipes du Centre Léon-Bérard ont
été sélectionnées à Chicago. Quelles sont les plus
marquantes ?
La plupart des présentations se font sous forme de
posters. Les plus importantes, qui vont changer la
prise en charge, sont présentées en séance plénière
comme l'étude sur le cancer de l'ovaire à laquelle
nous avons participé. A Chicago, nous avons aussi vu
que nous étions le Centre qui travaillait le plus
sur le cancer du pancréas avec notamment une étude
qui montre un gain de survie de quelques mois grâce
à une association de plusieurs chimiothérapies. Nous
sommes aussi très actifs dans les recherches
sur le cancer du sein et les sarcomes pour
comprendre pourquoi certaines thérapies ciblées
fonctionnent ou pas.
> Lors du congrès, les Américains se sont
plaints du manque de financement. Qu'en est-il des
Français ?
Les Américains ont beaucoup plus de financements que
nous. On est sur une échelle de 1 à 8. Après les
Etats-Unis et le Canada, la France a été le pays le
plus actif en terme de communications à Chicago.
Avec moins de financements, on est certainement très
efficaces dans ce qu'on fait.
D'ailleurs à Lyon, on va vraiment se battre pour
avoir un axe de recherche en cancérologie avec le
Grand Emprunt
Recueilli par Sylvie Montaron
 |