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De nombreuses aides existent pour
soulager les difficultés financières rencontrées par
les patients.
Afin de les guider, les travailleurs sociaux
demeurent incontournables.
Ils interviennent dès l'annonce du cancer.
A la souffrance morale dûe au traitement d'un cancer
se superposent souvent des contraintes financières
(achat de prothèse, paiement de soins non
remboursés, frais de garde d'enfants, etc.).
Ces difficultés peuvent toucher toutes les
personnes, y compris celles qui ne rencontraient pas
de problèmes financiers avant l'annonce de la
maladie.
De plus, tous ces frais s'accompagnent souvent d'une
diminution des revenus.
C'est une double peine pour des personnes qui se
retrouvent déjà en situation de souffrance physique
et morale.
Les Espaces Ligue Information
(ELI)
Au siège du Comité départemental
de l'Ain, des professionnels de santé
bénévoles reçoivent depuis le 6 avril 2010,
avec ou sans rendez-vous des malades, d'anciens
malades, des proches, pour les écouter, les
orienter, les informer, les aider, les conseiller,
du lundi au vendredi de 15h à 17h.
Comité de l'Ain 56, rue Bourgmayer 01000
BOURG-en-BRESSE. Tel.: 04 74 22 58 96
Une consultation sociale pour tous :
Le Plan cancer 2 annoncé fin 2009, prévoit
l'instauration d'une prise en charge sociale
personnalisée dès l'annonce de la maladie, pendant
toute la durée du traitement.
Les travailleurs sociaux des établissements
hospitaliers et des réseaux de soins en cancérologie
sont donc appelés à devenir des relais
incontournables.
Ces derniers disposent des compétences pour évaluer
les besoins des personnes et les guider dans la
jungle complexe des aides.
Un gain de temps et d'énergie précieux pour les
malades. Ces entretiens devraient, par exemple,
permettre d'agir suffisamment en amont pour faire
jouer l'assurance d'un crédit immobilier, car «le
principe d'un contrat d'assurance est de prévenir
lorsque survient un événement de santé. Or nous
recevons souvent des appels de personnes qui ont
dépassé les délais de mise en œuvre du contrat et
qui du coup ne peuvent plus faire jouer leur
assurance», pointe Chantal Hundzinger,
responsable juridique à la Ligue nationale contre le
cancer.
Ces consultations sociales devraient limiter les
situations d'urgence à l'image d'Albert qui a
récemment contacté le Comité de la Ligue de son
département. De retour à son domicile après un
traitement, il avait attendu que son frigo se
retrouve vide pour demander de l'aide. Domicilié au
premier étage d'un immeuble sans ascenseur, cet
homme âgé vivant seul n'était pas en mesure de faire
ses courses.
La complexité des aides pour les personnes
handicapées ou âgées
Une des difficultés dans la prise en charge sociale
du cancer demeure l'absence d'aides spécifiques.
Les personnes doivent s'intégrer dans des systèmes
conçus pour les personnes handicapées ou âgées, pas
toujours adaptés aux besoins liés à la maladie
cancéreuse.
L' accès aux droits liés à la situation de
handicap que génère la maladie est reconnu par
les Maisons départementales des personnes
handicapées (MDPH), présentes partout en
France.
Les MDPH peuvent attribuer différentes prestations,
telles que l'allocation aux adultes handicapés (AAH),
dont la finalité est d'accorder un revenu de
subsistance aux personnes qui ne peuvent pas en
avoir par ailleurs, ou la prestation de compensation
du handicap (PCH), destinée à compenser des besoins
liés à la situation de handicap dans laquelle une
personne gravement malade peut se trouver (nécessité
d'une tierce personne, d'aides techniques, etc.).
Ainsi, Alban, atteint d'un
cancer, a pu bénéficier de l'AAH pendant deux ans.
Ne pouvant pas travailler pendant ses traitements,
cette allocation lui a permis d'avoir un revenu pour
subvenir à ses besoins. S'estimant encore trop
affaibli pour reprendre un emploi complémentaire à
ses études, il espère obtenir le renouvellement de
cette allocation pour une année supplémentaire, le
temps d'être à nouveau en capacité de reprendre son
job d'étudiant.
La prestation de compensation,
accordée aux personnes de moins de 60 ans, permet
quant à elle de répondre à des besoins quotidiens
comme le lever, le coucher, la toilette,
l'alimentation mais ces critères d'attribution ne
sont souvent pas adaptés aux besoins séquentiels des
malades atteints de cancer.
Pour ces mêmes types de besoins, les malades de plus
de 60 ans peuvent solliciter l'allocation
personnalisée d'autonomie (APA).
L'existence d'aides « extra-légales» :
En dehors de ces dispositifs, les caisses
d'assurance maladie et les mutuelles peuvent
accorder des aides dites « extra-légales» sur leur
fonds de secours: attribution d'heures d'aide à
domicile, participation à certains frais liés à la
maladie ...
Ces soutiens varient d'une structure à l'autre.
D'où l'intérêt pour les patients de s'adresser aux
travailleurs sociaux qui connaissent les
spécificités locales.
A noter qu'en dehors des établissements hospitaliers
ou des réseaux de soins en cancérologie, ils peuvent
également contacter l'assistant social de leur
caisse primaire d'assurance maladie, la caisse
régionale d'assurance vieillesse ou le centre
communal d'action sociale.
Les ressources des Comités départementaux de la
Ligue :
Les personnes atteintes d'un cancer peuvent
s'adresser aux Comités départementaux de la Ligue.
Chacun d'entre eux dispose d'une commission d'aide
sociale chargée d'examiner les demandes de soutien.
Les Comités interviennent en dernier recours pour
des patients qui n'entrent ni dans le dispositif
réservé aux personnes âgées ni dans celui destiné
aux personnes handicapées.
En outre, ces aides varient d'une région à l'autre.
A Paris, par exemple, le Comité départemental a mis
sur pied une aide spécifique pour le paiement des
loyers; en Alsace, le Comité du Bas-Rhin attribue
notamment des bons d'achat alimentaires.
De manière globale, les Comités
accordent de plus en plus d'heures d'aide ménagère.
Elles demeurent difficiles à obtenir, alors que les
durées d'hospitalisation diminuent.
Les Comités peuvent également apporter un soutien
ponctuel en attendant le déblocage d'une aide
importante.
Une attente qui peut se prolonger six mois pour
certaines aides.
Enfin, la Ligue accompagne les
patients et leurs proches dans leurs démarches.
Ainsi, une dizaine de Comités départementaux
emploient des travailleurs sociaux qui mènent un
travail sur le long terme et aident les patients à
frapper aux bonnes portes !
Des aides financières pour la vie quotidienne :
Le budget des aides financières des Comités
départementaux avoisinait 4, 1 millions d'euros en
2008. Il a progressé de 47 % en l'espace de six
années.
Géré localement par chaque Comité, ce budget repose
sur la générosité du public.
Une étude réalisée l'année dernière à partir des
données collectées auprès de 55 Comités a permis
d'analyser 6 145 demandes d'aides.
Les résultats sont édifiants : la moitié des
aides attribuées par les Comités départementaux
concerne des aides financières liées à la vie
quotidienne, principalement pour l'alimentation et
le paiement des loyers, mais aussi pour régler les
factures énergétiques.
Par ailleurs, 21 % des aides sont
liées à la maladie, en grande majorité pour l'achat
de prothèses, mais aussi pour le paiement de soins
non remboursés; 19 % portent sur des aides« humaines
». Viennent enfin les frais liés aux obsèques et
l'aide à la construction d'un projet de vie.
Les dossiers les plus fréquemment acceptés portent
sur l'attribution d'une aide ménagère. En moyenne,
les Comités accordent 392 € par personne.
Viennent ensuite les aides
alimentaires, avec un montant moyen de 400 €; puis
les aides au loyer (531 €), à l'achat de prothèses
(266€), et au paiement des consommations d'énergie
(354 €).
La tranche d'âge la plus
concernée est celle des 40-60 ans, largement devant
celle des 60 ans et plus. Une différence qui
s'explique peut-être par l'existence de dispositifs
légaux spécifiques pour les plus de 60 ans.
En outre, en moyenne, les demandeurs d'aides
demeurent en grande majorité des femmes.
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