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Un projet pilote de centre
d'expertise et de recours autour de la prise en
charge psychosociale des adolescents atteints d'un
cancer devrait voir Ie jour à Marseille à l'initiative du Pr Marcel Rufo.
Il s'inscrit dans le
cadre du plan Cancer 2009-2013, a-t-il été expliqué
lors d'une conférence de presse organisée à
l'lnstitut National du Cancer (INCa) en présence de
la ministre de la Santé.
Bien que rares (environ 700 cas sont
diagnostiqués chaque année chez les 15-19 ans), les
cancers constituent dans cette tranche d'âge la
troisième cause de mortalité après les accidents et
les suicides. Si la survie s'est considérablement
améliorée ces dernières décennies, des progrès
restent à faire et on relève de grandes disparités
dans la prise en charge. Les taux de survie à 5 ans
des adolescents sont inférieurs à ceux des enfants.
Ces cancers ont moins bénéficié d'avancées
thérapeutiques que ceux des enfants, sans doute à
cause d'un moindre taux d'inclusion dans les essais
thérapeutiques, d'une absence de protocoles communs
adultes et enfants et d'une mauvaise observance des
traitements à une période où l'autorité des adultes
et des parents est souvent remise en question.
En progression
Les cancers les plus fréquents de l'adolescent sont
les lymphomes, les carcinomes et les tumeurs
épithéliales malignes, les sarcomes osseux et extra
osseux, les tumeurs germinales, les leucémies, les
tumeurs du système nerveux central.
II existe des différences entre les deux sexes.
Leucémies aiguës, lymphomes malins non hodgkiniens,
ostéosarcomes et tumeurs gonadiques sont plus
fréquents chez les garçons, mélanomes malins et
carcinomes de la thyroïde chez les filles.
On constate une augmentation de 1 % par an de
l'ensemble des cancers de l'adolescent.
Les taux de survie sont néanmoins globalement
importants. Après le cancer, une vie entière
s'annonce, une vie sur laquelle l'adolescent
s'interroge : problèmes de stérilité liés au
traitement, scolarité perturbée au moment des
traitements, vie professionnelle et affective ...
Autant d'éléments qui impliquent une prise en charge
spécifique de ces cancers. « Pour un adolescent,
dira Roselyne Bachelot, à l'âge où l'on n'est
plus un enfant et pas encore un adulte, cette
épreuve peut être encore plus difficile, peut
constituer une véritable rupture. »
Dans le plan Cancer 2009-2013 sont prévus
l'élaboration d'un programme d'actions spécifiques
pour la prise en charge médicale des adolescents et
des jeunes adultes atteints de cancer et
l'approfondissement de leurs problèmes spécifiques.
La nécessité d'une collaboration accrue entre la
pédiatrie et la médecine d'adultes est soulignée,
avec des réunions pluridisciplinaires associant
médecins, chirurgiens, radiothérapeutes traitant des
enfants et des adultes.
Les recommandations insistent sur l'importance d'une
prise en charge globale « devant conjuguer au
quotidien la dimension humaine, ou l'accompagnement
du parcours de soins est capital pour l'adolescent,
sa famille, avec une dimension médicale et
scientifique d'excellence ».
La vie des adolescents après le cancer est également
prise en compte dans le plan, avec en particulier
une expérimentation menée autour d'un programme
personnalisé de l'après-cancer chez les enfants et
adolescents.
Un centre à Marseille. C'est dans ce cadre
que s'inscrit le projet Espace méditerranéen de
l'adolescent (EMA), lancé par Ie pédopsychiatre
Marcel Rufo : la création, à l'hôpital Salvador, à
Marseille, d'un centre d'expertise et de recours,
avec notamment des lits dédiés à la prise en charge
psychosociale spécifique des adolescents atteints de
cancers après la phase aiguë des traitements.
Ce dernier volet du projet EMA est soutenu par
l'INCa dans Ie cadre de la mesure 23.5 du plan
Cancer. Une convention entre l'INCa et l'AP-HM
(Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille) a
été signée en présence de Roselyne Bachelot.
Ce centre, qui devrait voir Ie jour en 2013,
permettra aux adolescents cancéreux de ne pas être
isolés, puisqu'ils partageront les mêmes espaces
avec d'autres jeunes ayant des pathologies
différentes.
Ils bénéficieront de différentes évaluations
(psychologiques, cognitives, psycho-pédagogiques ...) à l'issue desquelles leur sera proposé un projet
de soins, d'accompagnement personnalisé, dans un
objectif d'autonomisation, d'individualisation. Et
un partenariat développé avec l'Education nationale
permettra à ces adolescents de bénéficier sur place
d'une prise en charge éducative de qualité.
> Docteur Martine DURON-ALIROL, Quotidien du
Médecin, N° 8698. 1er février 2010
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